Voyage, Voyage

Ce mot répété deux fois rappelle immédiatement une chanson de la fin des années 80, Voyage voyage, interprétée par Desireless, cette chanteuse à la coiffure curieuse (ses cheveux étaient dressés verticalement sur sa tête).
Voyage voyage
Plus loin que la nuit et le jour
Voyage voyage
Dans l´espace inouï(1) de l´amour

Et l’on pourrait citer des dizaines de chansons qui célèbrent le voyage, qui apparaît alors comme le commencement d’une vie nouvelle, plus belle, plus riche, plus porteuse d’émotions.
Best-ofEn 1962, Henri Salvador pose sa voix de velours sur Syracuse. Il voit le temps qui passe et sait qu’il faut profiter de chaque instant de la vie.
Avant que ma jeunesse s’use
Et que mes printemps soient partis
J’aimerais tant voir Syracuse
Pour m’en souvenir à Paris.

Beaucoup plus récemment (2015), la jeune Louane reprend une chanson que Michel Sardou avait interprétée en 1983 : Je vole. Elle cherche à se donner du courage pour quitter le cocon douillet(2) de la famille car elle sent que la «vraie» vie l’attend ailleurs.
Mes chers parents, je pars
Je vous aime mais je pars (…)
Je n’ m’enfuis pas je vole

De même, tout le monde connaît Emmenez-moi, de Best-of-40-chansonsCharles Aznavour en 1967. Pour lui, ailleurs est forcément plus beau.
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil
Mais le voyage, pour certains, c’est aussi la perte des illusions. Après l’exotisme de la nouveauté et de la différence, on se demande si, finalement, on n’était pas mieux chez soi. Et on a envie de rentrer au bercail(3).
En 1987, la chanson de Jean-Louis Aubert, Les plages, commence par les enfants qui regardent avec envie les bateaux qui passent ; elle se termine par les vieux marins qui, après une vie de voyage, retournent finir leur vie dans leur ville natale. Ils regardent les enfants qui souhaitent à leur tour partir. La vie est un éternel recommencement…
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui font signe aux bateaux
(…)
Sur toutes les plages y a des vieux
Qui regardent les mômes
Tendre la main aux bateaux

Et pour conclure, cette très célèbre chanson de Georges Brassens de 1956 : Auprès de mon arbre.
L’auteur y évoque sa vie « d’avant », quand il était jeune et insouciant. Il n’était pas riche mais au moins, il était heureux.
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J’aurais jamais dû m’éloigner d’ mon arbre…
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J’aurais jamais dû le quitter des yeux..
.

En somme(4), voyager, c’est bien, c’est beau, ça enrichit la vie. Mais cela ne peut pas être une fin en soi. Car au bout du compte, on n’est jamais aussi bien qu’à l’endroit où l’on est né. A méditer…

Lexique
1. inouï (adj. m.s.) : incroyable
2. douillet (adj. m.s.) : confortable
3. bercail (n. m.s.) : maison (théoriquement : bergerie)
4. en somme : en résumé

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