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Cuba, perle des Caraïbes

Par Brunelle Abonnenc 

Je me promenais un jour à la Foire Internationale de Montpellier à la recherche de petits gadgets à acheter quand tout à coup, j’ai entendu de la musique et des rires. Curieuse, je me suis approchée et j’ai découvert une ambiance de fête, de danse et de joie qui m’a tout de suite donné le sourire ! Ça y est, j’avais trouvé la destination de mes prochaines vacances : Cuba ! Alors, vite, mon mari et moi avons fait nos valises et nous voilà partis pour deux semaines d’un voyage fort en émotion. Petit récit d’une expérience inoubliable.
25 février, arrivée à Cuba, cette perle des Caraïbes qui fait tant rêver…Température en France 7°, ici 30°. Je crois que nous allons beaucoup aimer cet endroit !
Quand on arrive à La Havane, la capitale, on est tout de suite fasciné par l’atmosphère qui y règne. La ville, tout comme l’île elle-même, semble figée(1) dans le temps. Les vieilles voitures américaines et les façades colorées des immeubles coloniaux lui donnent un charme fou.
Il faut dire que l’île possède une histoire particulière. Entre conquête espagnole, dictature, révolution et embargo américain, Cuba se développe tout doucement. Internet est très difficile d’accès : drôle d’expérience que de s’adosser(2) aux murs des hôtels, pour espérer capter un peu de wi fi ! La population doit aussi toujours utiliser des tickets de rationnement(3) pour vivre (un peu de riz, des haricots, de l’huile…) et l’entretien des bâtiments laisse à désirer(4). Etonnant contraste entre les hôtels de luxe et les vieilles maisons coloniales habitées mais qui tombent en ruine. L’histoire de l’île se nourrit de toutes les influences possibles : espagnole, africaine, indienne, américaine, et dispose d’une richesse culturelle étonnante.

La vie n’est pas facile tous les jours mais les Cubains montrent toujours leur joie de vivre. La musique est présente partout où nous allons. Salsa, conga, rumba, de six heures du matin jusqu’au bout de la nuit ! Et puis les Cubains sont toujours là pour vous aider, même nous, deux petits touristes perdus au milieu de la ville. Les maîtres-mots(5), ce sont vraiment la chaleur humaine et la convivialité. D’ailleurs, nous avons pu nous en rendre compte tout au long de notre voyage. Effectivement, nous avons dormi dans des casas particulares, c’est-à-dire chez l’habitant. Nous avons vraiment pu vivre au cœur des familles cubaines, partager leur réalité et nous nous sommes toujours sentis comme chez nous.

Nous avons aussi beaucoup voyagé dans des taxis collectifs. Le principe : le taxi ne part que s’il est complet, cela permet de réduire le prix. On est souvent tous serrés comme des sardines mais c’est drôle et c’est surtout l’occasion de pratiquer notre espagnol qui, j’avoue, était un peu rouillé(6) ! Nous y avons fait d’incroyables rencontres et beaucoup discuté de politique avec les chauffeurs. Mais attention, sujet sensible !
Après La Havane, nous avons visité Vinales, petite ville aux sublimes paysages sauvages de collines et de forêts. Nous avons eu la chance de nous balader à cheval à travers les fameux champs de tabac, qui servent à faire les meilleurs cigares du monde, disent les Cubains. Et aussi de nous rafraîchir dans de superbes cascades. Nous avons un peu esquivé(7) Varadero et sa côte trop touristique et sommes vite arrivés à Trinidad. Berceau de la culture afro-cubaine, ses rues pavées(8) et ses maisons colorées sont magnifiques.
Mais que serait Cuba sans ses plages ! Là-bas, on les appelle des cayos : mini-îles paradisiaques toutes proches des terres et souvent accessibles en bateau. Comme il fait bon se dorer au soleil en sirotant un bon mojito, mon cocktail préféré : rhum, citron, sucre, menthe et glace pilée ! Mmmhh ! Et pour manger, pas d’inquiétude : la nourriture est simple mais délicieuse, riz et haricots noirs, arroz moro, et petites fritures de manioc ou malenga. Les amoureux des fruits exotiques comme moi seront aussi servis : goyave, banane, papaye, pastèque, ananas, il y en a pour tous les goûts !

Pour finir, nous avons écumé(9) les petits marchés traditionnels, pour remplir nos valises de souvenirs, de soleil, de chaleur, de bonne humeur, de détente et de partage. Mais il est difficile de résumer un si beau voyage en si peu de lignes. J’aurais des milliers de choses à vous raconter tant notre expérience a été extraordinaire. Tellement de personnes incroyables rencontrées et de petites aventures nous sont arrivées ! C’est avec des images plein la tête et le cœur que nous sommes rentrés en France. Alors je n’ai qu’une chose à vous conseiller : voyagez ! Le voyage est un lent professeur mais on a toute la vie pour apprendre.

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Lexique

1. figée (adj. f.s.) : bloquée, immobile
2. s’adosser (v.) : appuyer son dos
3. rationnement (n. m.s.) : limitation de distribution
4. laisse à désirer : n’est pas très bon
5. maîtres-mots (n. m.p.) : mots-clés, mots les plus importants
6. rouillé (adj. m.s.) : oublié
7. avons esquivé (v. esquiver) : avons évité
8. pavées (adj. f.p.) : recouvertes d’un revêtement dur,
de pierres plates
9. avons écumé (v. écumer) : avons parcouru

Chez les Mayas Quiché, au Guatemala

Par Chritian Puech

Dans les sociétés occidentales, basées sur la consommation et le spectacle, l’apparence et le jeunisme(1) l’emportent souvent sur le fond. La mode, dont on peut apprécier l’élégance et la créativité, joue un grand rôle qui peut être positif dans l’économie comme dans la culture. D’autant plus que l’image de soi participe au jeu de la séduction et peut concourir à une certaine réussite, de tous temps enviée(2).
Cependant, on peut également penser que la mode comble(3) un manque, souvent dû à des frustrations d’ordre social, économique ou autre. Elle s’épanouit dans les sociétés modernes où les traditions ont été battues en brèche(4) par idéologie et où l’on doute que le passé puisse éclairer l’avenir.
Dans une exposition ayant pour titre L’art et la manière de porter ses rides dans d’autres civilisations, j’ai eu l’occasion de montrer des femmes et des hommes qui présentent un visage différent de celui des Occidentaux. Un visage, d’après moi, plus vrai, plus conforme à la nature des choses et bien moins sujet aux effets de mode. Ces personnes portent fièrement sur leur visage le parchemin(5) qui conte(6) l’émouvante histoire de leur vie de combat, et souvent beaucoup plus. En effet, ces dernières sont dans l’enracinement(7), alors que nous sommes plutôt dans le mouvement.
Malheureusement, la force de l’uniformisation de type occidental est telle que l’on rencontre rarement des autochtones en tenue traditionnelle dans les grandes villes, où la population s’habille à l’européenne. Il faut aller dans les régions plus reculées pour rencontrer des hommes et des femmes qui continuent à porter leur costume traditionnel au quotidien.

Les Mayas Quiché
Chez les Mayas Quiché, les femmes tissent encore sur de petits métiers de ceinture, comme à l’époque préhispanique, les pièces de tissu qui constituent leurs vêtements traditionnels. Elles s’inspirent des motifs géométriques, zoomorphes(8) et naturalistes(9)
anciens empruntés au répertoire iconographique et mythologique maya. Elles emploient encore des laines colorées avec des teintes(10) naturelles chatoyantes(11), bien que les fibres synthétiques plus criardes(12) aient également envahi les marchés. Elles adorent y ajouter quelques fils dorés ou argentés, imitant les métaux précieux déjà employés avant la Conquista espagnole. La pièce tissée la plus importante (elle peut atteindre deux mètres cinquante), enroulée au niveau de la taille de la femme, tient lieu de robe, fermement tenue par une large ceinture. Cette dernière fait office(13) de porte-monnaie ou permet de dissimuler(14) un petit couteau. Ce sont les pièces les plus finement tissées. Pour se protéger  du soleil, les femmes  portent sur la tête une autre pièce tissée de forme carrée pliée en quatre, le tzut. Le huipile reste le corsage traditionnel, généralement brodé à la main, d’un décor floral de type tropical multicolore, parfois ajouré(15) ; certains sont de véritables merveilles.
Les femmes Quiché ont de beaux cheveux noir de jais(16) et brillants, symbole de leur féminité, sacrée chez  les  Mayas : la coiffure vient parachever(17) la toilette. Elle est souvent composée de deux tresses et s’inspire des fresques du Tikal, faisant ainsi partie intégrante de la culture traditionnelle. Elle ne suit jamais aucune mode, elle est simplement personnalisée : un ruban de satin de plusieurs couleurs, selon l’âge de la femme, est enroulé  avec les  deux tresses, pratique et simple pour se coiffer joliment. Des fleurs en laine ou coton réalisées au crochet(18) ornent les coiffures des femmes mûres, parfois agrémentées de petits foulards serpentant entre les tresses relevées sur la tête. C’est élégant et étonnant et preuve que les traditions ne sont pas incompatibles avec la variété. Ces coiffures sont appelées tocoyal, baghals,…
Les vêtements traditionnels des habitants des villages Quiché sont  tous légèrement  différents selon le village et l’ethnie. Ces différences leur ont été imposées par les Espagnols qui voulaient pouvoir les reconnaître dès qu’ils sortaient de leur village. Cette différenciation saute aux yeux des voyageurs qui visitent les villages qui entourent le lac Atitlan, ou les hautes terres du côté de Todos Santos. Là, par exemple, les hommes portent des pantalons rouges à rayures blanches.
Quelle que soit la façon de s’habiller ou de se coiffer, soyons sûrs que c’est la connaissance de l’autre, de ses traditions et de ses valeurs, qui favorise le « vivre ensemble », but suprême de la culture.

Christian Puech est un explorateur qui photographie la nature et ses habitants. Il a participé à de nombreuses expositions, que ce soit en France ou à l’étranger. Parmi celles-ci, Les peuples autochtones en  voie d’extinction, De l’Himalaya au Gange ou encore Diversité, nomadisme et liberté de choix de vie.
Blog : http:// christianpuech.wordpress.com

Lexique

1. jeunisme (n. m.s.) : volonté de donner plus d’importance à la jeunesse
2. enviée (adj. f.s.) : que tout le monde voudrait
3. comble (v. combler) : remplit, remplace
4. battues en brèche : combattues
5. parchemin (n. m.s.) : support à l’écriture
6. conte (v. conter) : raconte
7. enracinement (n. m.s.) : attachement au lieu d’origine
8. zoomorphes (adj. m.p.) : qui représentent des animaux
9. naturalistes (adj. m.p.) : qui représentent la nature
10. teintes (n. f.p.) : couleurs
11. chatoyantes (adj. f.p.) : aux couleurs chaudes
12. criardes (adj. f.p.) : aux couleurs exagérément voyantes
13. fait office (v. faire office) : remplace, tient lieu
14. dissimuler (v.) : cacher
15. ajouré (adj. m.s.) : aéré, ouvert, qui présente des espaces vides
16. noir de jais (adj. m.s.) : noir intense
17. parachever (v.) : terminer, mettre la touche finale
18. crochet (n. m.s.) : outil pour réaliser une sorte de tricot

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Installation à Londres

Par Mélanie Pezous

L’idée
Il y a deux ans et demi, mon compagnon, Julien, et moi,

Mélanie Pezous

nous sommes venus passer quelques jours à Londres, pour la deuxième fois. Au cours d’un trajet en bus, nous nous sommes mis à considérer la propreté de la ville, la grande quantité de verdure et l’air peu pollué (pour une capitale et surtout en la comparant à Paris !). De fil en aiguille(1), une idée s’est forgée(2) : pourquoi ne pas venir y vivre ? Je stagnais(3) depuis deux ans, et malgré des études conséquentes, je ne trouvais que des emplois saisonniers. Julien, quant à lui, ne rêvait que d’une chose depuis son enfance : travailler dans le cinéma et malgré tous ses efforts, il peinait(4) à trouver des projets cinématographiques. Nous voilà donc convaincus : dans un an, nous reviendrions à Londres,

Mélanie Pezous

mais pour y vivre !
Après douze mois de préparatifs (faire des économies, refaire nos passeports, mettre à jour l’administration, prendre quelques cours d’anglais, …), nous voici à l’aube du 7 février 2017, prêts à prendre la route.

Le voyage
Oui, oui, la route. Car nous ne sommes pas partis à Londres avec un sac à dos : nous avons embarqué avec nous une petite partie du matériel de cinéma afin d’être prêts à toute éventualité. Yann, notre meilleur ami, faisait partie du projet : avec Julien, ils allaient conduire une camionnette jusqu’à Londres, la décharger dans la nuit avant de la ramener à Paris et enfin revenir outre-manche grâce à l’Eurostar. De mon côté, comme il n’y avait pas assez de place, j’allais prendre l’avion.

L’emménagement et les premiers pas

Mélanie Pezous

Grâce à une amie qui travaillait dans l’immobilier, nous avons eu la chance d’avoir un logement avant même d’être arrivés. Les garçons y ont déchargé nos affaires et nous avons pu y dormir dès notre arrivée. Oubliée notre maison à six cents euros avec un jardin et trois chambres. Ici, nous ne louons que deux chambres sur les quatre que compte l’appartement, pour presque mille cinq cents euros à nous trois. Nous nous consolons avec un énorme avantage : être à dix minutes à pied à peine du cœur de la capitale ! L’installation se fait simplement ici : arrivés passeports en main, il nous faut simplement nous rendre dans un « job centre » : ce sont des accueils administratifs, répartis par quartiers, dans lesquels suite à un court entretien, on peut obtenir un numéro officiel. Il ne fait pas de nous des Anglais, mais nous autorise à travailler sur le sol britannique et ça, c’est exactement ce que nous voulons. Une fois ce premier sésame(5) en poche, direction la banque pour ouvrir un compte : avec un logement, les choses sont très simples ; nous évitons l’éternelle boucle du « avoir un logement pour ouvrir un compte / avoir un compte pour obtenir un logement ». Pour le téléphone, nous nous en étions chargés avant en pré-commandant simplement des cartes SIM avec un opérateur internet. Et comme nous avions également préparé nos CV et les entreprises dans lesquelles nous souhaitions postuler(6), nous voici au troisième jour de notre installation, partis en road trip, chacun de notre côté pour effectuer un maximum de candidatures spontanées.
Cette première journée fut intense mais peu prometteuse : nous nous sommes rapidement rendu compte que si le travail ne manque pas ici, le secteur culturel ne recrute pas facilement. Encore peu à l’aise en anglais, nous choisissons vite de petits boulots afin de nous perfectionner : voici donc Yann (qui ne boit pas d’alcool) derrière un bar très connu de Camden, et moi à moitié dans un café comme cuisinière et serveuse et l’autre moitié comme assistante de galerie pour la maison MinaLima (responsable de toute la partie graphique des accessoires et des décors des
films Harry Potter). Julien, lui, n’a peur de rien. Si sa journée n’a pas porté ses fruits, qu’importe(7) : il va continuer à travailler et à postuler jusqu’à ce qu’on lui ouvre des portes. Pas question pour lui de passer par un job alimentaire, son ambition et son courage (et ses économies !) l’aideront à trouver.
Après quelques mois, nous commençons à saisir quelques fils : les sites de recherches en ligne, les groupes, les petits onglets « jobs » parfois bien cachés sur les sites officiels…. Grâce à ça, nous pouvons changer un peu d’air, d’ambiance et d’équipe pour moi en partant travailler au Kensington Palace, se perfectionner pour Yann en suivant des formations de bar tender (barman) et trouver un emploi dans un club très sélect pour Julien.

1 jour, 1 mois, 1 an
Nous voici le 7 février 2018, un an déjà après notre arrivée. Nous fêtons l’événement en déménageant : nous allons vivre un peu plus excentré(8), mais juste tous les trois, dans un grand appartement, au calme. Nous avons la sensation de retrouver nos vies d’adultes en abandonnant notre auberge espagnole. N’ayant plus aucune barrière(9) de langue, nous sommes maintenant beaucoup plus sûrs de nous pour retourner chercher du travail dans nos domaines respectifs. Nous rêvons des responsabilités et d’engagement, d’enrichissement et d’expériences. Une chose est sûre : nous ne sommes pas encore prêts à rentrer !

Bilan 
S’il n’a pas été dur de se décider à venir vivre ici, il n’est pas pour autant facile de vivre loin de sa famille, de ses amis, de ses habitudes. Pourtant cette ville dynamique, qui ne dort jamais, ne cesse(10) de nous charmer : avec toujours un événement ou une nouvelle exposition à proposer, un concert ou un nouveau lieu à découvrir, une mixité culturelle incroyable (ici, on croise des personnes du monde entier ) et des possibilités de carrière incroyables (trouver un travail n’est pas très compliqué et évoluer, augmenter son salaire et ses responsabilités font également partie des avantages extraordinaires de l’Angleterre par rapport à la France), nous ne partirons d’ici qu’en étant sûrs que la France sera en mesure de nous offrir la réalisation des mêmes ambitions.

Lexique
1. de fil en aiguille : petit à petit, progressivement
2. s’est forgée (v. se forger) : s’est formée
3. stagnais (v. stagner) : restais bloquée
4. peinait (v. peiner) : avait de la difficulté
5. sésame (n. m.s.) : moyen d’accéder à
6. postuler (v.) : poser notre candidature
7. qu’importe : ce n’est pas grave
8. excentré (adj. m.s.) : plus loin du centre-ville
9. barrière (n. f.s.) : difficulté
10. cesse (v. cesser) : s’arrête

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