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Théophraste Renaudot, le premier journaliste français

Théophraste Renaudot, fils d’un maître d’école, naît à Loudun dans la Vienne en 1586. Il s’inscrit à la faculté de médecine de Paris puis à celle de Montpellier où il reçoit le diplôme de docteur à l’âge de vingt ans. Comme beaucoup de jeunes gens de son époque, il entreprend de visiter l’Europe avant de se marier dans sa ville natale où il exercera sa profession. Sa maison, devenue un musée depuis, héberge son ami, le jeune évêque de Luçon, qui ne va pas tarder à devenir le célèbre cardinal de Richelieu, futur Premier ministre du royaume et son protecteur.

Une vie bien remplie
En 1612, il crée un « bureau des adresses », ancêtre de nos petites annonces et de notre agence pour l’emploi. Son idée consiste à regrouper les offres d’emploi […]

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L’histoire du macaron

Le macaron est une petite pâtisserie française appréciée dans le monde entier. Petit gâteau de forme arrondie, il est dérivé de la meringue et fabriqué à partir de poudre d’amande, de sucre glace, de sucre et de blanc d’œuf. La pâte ainsi préparée est cuite au four, ce qui lui donne cet aspect figé(1) et doré.

Sa popularité est liée à son histoire et à la variété de ses recettes qui font du macaron d’aujourd’hui le résultat d’une longue évolution. Le macaron serait d’origine arabe ; il est connu en Syrie sous le nom de louzieh (mot qui signifie amande) car il est étroitement associé à la production de ce fruit. Les premières recettes connues datent de la Renaissance. En effet, l’essor du commerce maritime permet l’importation d’amandes en Italie. Le mot vient de l’italien macaroni ou maccherone mais ici, pas de pâtes, plutôt de la pâte d’amande qui devient l’ingrédient principal de la divine petite pâtisserie quand elle est introduite en Italie dans les années 1500. Alors simple biscuit, le macaron traverse la frontière française en 1533 grâce à Catherine de Médicis qui devient reine de France en épousant Henri II. Rabelais est le premier écrivain français à le citer en 1552.
Le macaron ne tarde pas à quitter la capitale pour envahir les régions de France où chacune s’évertue(2) à créer sa propre recette traditionnelle : à Reims, Nancy, Saint-Jean-de-Luz, Montmorillon, Boulay, Lannion, Châteaulin, Amiens…. En Ardèche, il apparaît en 1581 lors du mariage du duc de Joyeuse. On le cite dans les années 1600 dans les foires et les fêtes saintes de Montmorillon. A Saint-Jean-de-Luz, le pâtissier Adam en offre au roi Louis XIV à l’occasion de son mariage avec Marie-Thérèse en 1660. Honneur suprême, lorsque le roi décide de résider au Château de Versailles en 1682, les officiers de bouche(3) lui servent des macarons et cette tradition perdure(4) durant tout l’Ancien Régime. A Nancy, le macaron est préparé par les communautés religieuses. C’est à partir de 1792 que les Dames du Saint-Sacrement, Marguerite Gaillot et Marie-Elisabeth Morlot, commencent à en faire commerce. En 1854, apparaît la recette des macarons de Boulay. A l’origine, le macaron est un simple biscuit en amande, croquant à l’extérieur et moelleux(5) à l’intérieur. Dans les années 1830, les coques de macarons sont assemblées deux par deux et garnies de confitures, d’épices ou de liqueurs, puis avec différents parfums de crème, ganache(6) ou confiture. Au début du XXe siècle, la Maison Ladurée de Paris crée le macaron coloré dans sa forme actuelle avec une grande variété de couleurs et de goûts. Il est popularisé dans la capitale comme à Belleville ou dans le Quartier latin au salon de thé « Pons ».

Continuant sa route au cours des siècles, le macaron, considéré comme l’un des symboles de la pâtisserie française, traverse l’Atlantique pour conquérir l’Amérique. En 1993, le chef pâtissier François Payard propose ce petit gâteau aux clients du restaurant « Daniel » de New York. C’est un succès ! A la fin des années 2000, le cœur du macaron s’enrichit d’un parfum différent de celui du corps : pêche-rose, citron vert-basilic, praliné(7)-yuzu(8), café-spéculoos(9), poire-orange… Il existe même des macarons salés devenant de vrais petits burgers.
Le « jour du Macaron » organisé à partir de 2005 à Paris par le pâtissier Pierre Hermé, puis à New York à partir de 2010, contribuent(10) à la notoriété internationale du petit biscuit en l’associant à une action charitable intitulée Un don, un macaron. Ce jour-là, toutes les personnes qui font un don pour la recherche contre la mucoviscidose dans les boutiques partenaires reçoivent un macaron Pierre Hermé. L’édition 2017 a eu lieu du 18 au 20 mars.

Il convient pour être exhaustif(11), de rappeler l’existence de quelques variantes à notre macaron. Comme par exemple, le « macaroon » très connu dans les pays anglo-saxons, le massepain ou le congolais qui se conjuguent à la noix de coco. A noter enfin, les macarons israéliens ou hollandais qui sont recouverts de chocolat.

Lexique
1. figé (adj. m.s.) : lisse, fixe
2. s’évertue (v. s’évertuer) : s’efforce
3. officiers de bouche : personnes qui s’occupent des repas du roi
4. perdure (v. perdurer) : se poursuit, continue
5. moelleux (adj. m.s.) : tendre
6. ganache (n. f.s.) : préparation à base de chocolat
7. praliné (n. m.s.) : préparation à base de noisette et de chocolat
8. yuzu (n. m.s.) : agrume originaire d’Asie
9. spéculoos (n. m.s.) : biscuit belge parfumé à la cannelle
10. contribuent (v. contribuer) : participent
11. exhaustif (adj. m.s.) : complet

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L’invention du vaccin BCG

Peu de personne ayant subi dans leur jeunesse l’inoculation(1) du fameux BCG connaissent la signification de cet acronyme(2). Il s’agit du vaccin « bilié(3) de Calmette et Guérin », du nom de leurs découvreurs. On croit souvent que le B signifie « bacille », mais non, « bilié » renvoie au procédé employé pour la production du vaccin.
Leurs noms sont pour toujours associés à la lutte contre une maladie dont on ne parle plus guère aujourd’hui dans les pays développés mais qui était un fléau(4) au XIXe siècle : la tuberculose, dont sont morts Jane Austen, les sœurs Brontë,  Frédéric Chopin, Guy de Maupassant… ou encore le père de Camille Guérin alors que ce dernier n’avait que deux ans.

Les symptômes principaux sont une toux(5) persistante souvent accompagnée de crachats(6), de fièvre, d’une grande fatigue et d’une perte d’appétit et de poids. La maladie est contagieuse et se transmet par la salive(7) rejetée par le malade lorsqu’il tousse, éternue ou crache. Ceux qui n’en mouraient pas pouvaient également en conserver de graves séquelles pulmonaires.
Albert Calmette naît à Nice en 1863 et Camille Guérin naît à Poitiers en 1872.
Albert devient médecin dans la marine dès 1883. Il voyage ensuite en Indochine et en Afrique. Louis Pasteur lui-même lui demande de créer l’Institut Pasteur de Saïgon en 1891 et d’y développer un centre antirabique(8). De son côté, le jeune Camille ne se destine pas à la médecine humaine mais à des études vétérinaires à l’école de Maisons-Alfort, près de Paris.
En 1896, Guérin rencontre Calmette à l’Institut Pasteur de Lille que ce dernier vient de fonder.
Albert est déjà connu pour ses travaux sur les sérums antivenimeux(9) et la bactériologie des eaux souillées(10). Camille commence à travailler avec lui sur la variole(11), succédant ainsi au chercheur anglais Edward Jenner (1749-1823). C’est en 1905 que les deux compagnons découvrent que le bacille de la tuberculose bovine(12) peut immuniser(13) les animaux sans déclencher(14) la maladie. Reste à trouver un vaccin pour l’homme mais leurs travaux sont interrompus par la Première guerre mondiale. Finalement, le résultat est atteint en 1921 et le vaccin antituberculeux est autorisé par les pouvoirs publics en 1924. Cette période sera pour eux le temps de la reconnaissance : Albert est nommé professeur honoraire en 1914, élu en 1919 à l’Académie de médecine et entre en 1927 à l’Académie des sciences.

Il prend la responsabilité des Instituts Pasteur d’outre-mer. En plus de ses recherches sur la tuberculose, il crée la première station française d’épuration(15) des eaux à Lille.
De son côté, Camille Guérin est nommé directeur du service de la tuberculose à l’Institut Pasteur de Paris en 1928, puis, après la Seconde guerre mondiale, président du premier congrès international consacré au BCG en 1948 avant de devenir en 1951 président de l’Académie de médecine et de recevoir en 1955 le grand prix de la recherche scientifique de l’Académie des sciences.
Albert Calmette meurt en 1933 et Camille Guérin disparaît en 1961.

En France, le vaccin est rendu obligatoire de 1950 à 2007 pour les enfants scolarisés. Son obligation est suspendue en 2007 du fait de l’éradication(16) de la maladie en Europe.
Aujourd’hui, l’Institut Pasteur perpétue(17) la tradition des grands scientifiques du siècle dernier et compte parmi les meilleurs centres de recherche mondiaux. Il dispose d’une centaine d’unités de recherche dans lesquels travaillent mille cinq cents chercheurs, originaires de plus de soixante-dix pays différents. L’Institut a développé un réseau mondial de vingt-quatre Instituts hors de France. Chaque année, l’Institut fait appel à la générosité du public dans le cadre de l’opération « Pasteurdon », destinée à collecter des fonds pour financer la recherche fondamentale.
Pour autant, la tuberculose reste l’une des principales causes de mortalité dans les pays pauvres. En 2015, plus de dix millions de personnes ont contracté cette maladie et deux millions en sont mortes. Six pays totalisent 60% des cas : l’Inde, l’Indonésie, la Chine, le Nigéria, le Pakistan et l’Afrique du Sud.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) espère éradiquer définitivement cette maladie d’ici 2030.

1. inoculation (n. f.s.) : action d’introduire un produit dans le corps
2. acronyme (n. m.s.) : mot formé à partir des initiales des mots qui le composent
3. bilié (adj. m.s.) : qui contient de la bile
4. fléau (n. m.s.) : catastrophe, calamité
5. toux (n. f.s.) : symptôme d’une affection pulmonaire, rejet brusque de l’air contenu dans les poumons
6. crachats (n. m.p.) : petites quantités de salive et/ou de mucus rejetées par la bouche
7. salive (n. f.s.) : liquide produit dans la bouche
8. antirabique (adj. m.s.) : qui combat la rage (maladie)
9. antivenimeux (adj. m.p.) : qui combat les venins de serpent
10. souillées (adj. f.p.) : salies
11. variole (n. f.s.) : maladie mortelle
12. bovine (adj. f.s.) : relative à l’espèce des vaches, bœufs, …
13. immuniser (v.) : protéger
14. déclencher (v.) : créer, engendrer, provoquer
15. épuration (n. f.s.) : action de rendre propre, pur
16. éradication (n. f.s.) : élimination, suppression
17. perpétue (v. perpétuer) : poursuit, continue, prolonge

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