Archives pour l'étiquette gâteaux

Quel accord vin/dessert ?

Vous avez préparé un délicieux repas et trouvé pour chaque plat le vin qui s’accordait parfaitement. Très bien ! Et voilà le dessert ! Mais… que boire avec le dessert ? Bien sûr, la solution de facilité, c’est le champagne. Le champagne se marie avec tout, n’est-ce pas ? Mais nous avons recherché pour vous d’autres accords qui magnifieront(1) encore plus les saveurs de vos desserts.
De manière générale, on peut dire que les desserts s’entendent bien avec les vins sucrés du sud de la France, plutôt des blancs, des vins qui ont profité d’un grand ensoleillement et de peu d’eau. Mais pas uniquement : les « vendanges tardives » d’Alsace (vin fait avec du raisin récolté en novembre), le pineau des Charentes, le crémant (un vin effervescent(2) mousseux), le macvin du Jura (un vin de « liqueur », c’est-à-dire un assemblage de moût(3) et d’eau de vie(4)), tous ces vins accompagnent avantageusement les desserts. Certains vins rouges sont particulièrement bien adaptés au chocolat et les rosés aux gâteaux plus sophistiqués.

Les tartes
Il existe des dizaines de sortes de tartes, en particulier aux fruits. Elles se marient parfaitement avec les vins blancs doux ou moelleux, plutôt jeunes, comme un Banyuls blanc ou ambré (Roussillon), un Riesling vendanges tardives (Alsace) ou encore un muscat de Frontignan (Languedoc).

Les crêpes
En Bretagne, on boit du cidre(5) avec les crêpes. Mais vous devriez aussi essayer avec un crémant de Die (Drôme, vallée du Rhône) ou d’Alsace, un macvin du Jura blanc ou un Vouvray pétillant (Indre-et-Loire, dans le Centre). Les crêpes flambées, elles, sont délicieuses avec un pineau des Charentes blanc (Ouest).

Les desserts aux œufs
Les desserts aux œufs comme les flans peuvent être accompagnés d’un floc de Gascogne blanc (Sud-ouest) ou d’un Agenais blanc surmûri (Sud-ouest). L’île flottante sera parfaite avec un Hermitage vin de paille (Rhône) et un pain perdu à la cannelle avec un Banyuls grand cru (Roussillon).

Les gâteaux
Pour la charlotte aux fraises, l’association avec un muscat de Beaumes-de-Venise rosé (Vaucluse) ou un vin de Savoie pétillant rosé est tout à fait indiquée. Et pour un gâteau au café comme le moka aux amandes, optez pour un crémant d’Alsace rosé.

Le chocolat

Le chocolat de manière générale se marie parfaitement avec le vin rouge. Il faut qu’il soit légèrement doux, comme un Périgord Vin de Domme rouge (Sud-ouest) ou un Maury grenat (Roussillon).

Bien sûr, il faut consommer ces vins avec modération mais vous verrez, un accord mets / vin réussi peut rendre votre dessert inoubliable !

Lexique
1. autodidacte (n. m.s.) : personne qui apprend par elle-même, sans professeur
1. magnifieront (v. magnifier) : sublimeront, renforceront
2. effervescent (adj. m.s.) : qui produit de petites bulles
3. moût (n. m.s.) : mixture obtenue par pressage du raisin
4. eau-de-vie (n. f.s.) : boisson alcoolisée obtenue par distillation
5. cidre (n. m.s.) : boisson alcoolisée fabriquée à partir de pommes

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Lire ou se nourrir, pourquoi choisir ?

Pourquoi parle-t-on de « pâtisserie » à propos des gâteaux ? Tout simplement parce qu’à leur base, il y a toujours une pâte, fabriquée depuis des siècles avec des œufs, de la farine, du lait et du miel. Aujourd’hui, les pâtissiers y ajoutent du sucre, qui a remplacé le miel, ainsi que des matières grasses et de la levure. Professionnelle ou domestique, la pâtisserie est incontournable en France et se déguste en dessert, avec le café, au goûter… et dans les livres ! La littérature française compte de nombreuses pages consacrées aux « délices du palais(1) », notamment sucrés. En voici quelques délicieux extraits.

La pièce montée d’Emma

Madame Bovary est un classique de la littérature française. Paru en 1857, il raconte la vie d’Emma, une fille de riche fermier rêvant de vie mondaine. Son mariage avec Charles débouche(2) sur une existence monotone qu’elle essaie vainement(3) de rendre plus palpitante(4). Dans un célèbre passage, Gustave Flaubert montre l’appétit d’Emma pour le luxe et le romantisme en décrivant la « pièce montée » de son mariage. Voici à quoi ressemble cette extravagante pyramide de gâteaux : « Il apporta lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base d’abord, c’était un carré de carton bleu figurant un temple, avec portiques(5), colonnades et statuettes de stuc(6) tout autour, dans des niches(7) constellées(8) d’étoiles en papier doré ; puis se tenait au second étage, un donjon(9) en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angéliques(10), amandes, raisins secs, quartiers d’orange, et enfin sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie(11) verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et bateaux en écales(12) de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette(13) de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturelle, en guise de boules, au sommet. ». Si vous arrivez à la dessiner, envoyez le résultat à la rédaction de LCFF !

La madeleine de Marcel

En 1913, Marcel Proust attise(14) aussi notre gourmandise dans Du côté de chez Swann. Dans ce célèbre passage d’A la recherche du temps perdu, œuvre majeure de la littérature classique française, le narrateur raconte son retour chez lui par une froide soirée d’hiver. Sa mère lui donne un peu de thé et fait apporter « un de ces gâteaux courts et dodus15 appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve(16) rainurée(17) d’une coquille de Saint-Jacques. ». Le goût du gâteau le plonge dans une rêverie : « Je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir(18) un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée(19) mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis(20), attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. » […] « Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. » Et vous, quel goût a votre enfance ?

Les tartelettes de Ragueneau

Edmond Rostand n’est pas en reste(21) et nous émoustille(22) les papilles(23) dans Cyrano de Bergerac (1897). Un pâtissier nommé Ragueneau rêve d’être poète et fait rimer… ses recettes ! « Comment on fait les tartelettes amandines. Battez, pour qu’ils soient mousseux, Quelques œufs ; Incorporez à leur mousse Un jus de cédrat24 choisi ; Versez-y Un bon lait d’amande douce ; Mettez de la pâte à flan Dans le flanc De moules à tartelette ; D’un doigt preste(25), abricotez(26) Les côtés ; Versez goutte à gouttelette Votre mousse en ces puits, puis Que ces puits Passent au four, et, blondines, Sortant en gais troupelets(27), Ce sont les Tartelettes amandines ! »
Tenté par cette recette ? A vos fourneaux… et envoyez-nous des photos !

Lexique
1. palais (n. m.s.) : partie suppérieure de l’intérieur de la bouche
2. débouche (v. déboucher) : arrive
3. vainement (adv.) inutilement
4. palpitante (adj. f.s.) : vivante, énergique, dynamique
5. portiques (n. m.p.) : structures d’architecture comprenant
deux poteaux verticaux surmontés d’une traverse horizontale
6. stuc (n. m.s.) : matériau imitant le marbre
7. niches (n. f.p.) : petits trous dans un mur
8. constellées (adj. f.p.) : parsemées, qui comportent
9. donjon (n. m.s.) : tour d’un château
10. angéliques (n. f.p.) : plantes que l’on peut utiliser en pâtisserie
11. prairie (n. f.s.) : lieu planté d’herbe
12. écales (n. f.p.) : écorces, coquilles
13. escarpolette (n. f.s.) : balançoire
14. attise (v. attiser) : suscite, sollicite
15. dodus (adj. m.p.) : ronds, appétissants
16. valve (n. f.s.) : l’une des deux parties d’une coquille
17. rainurée (adj. f.s.) : rayée
18. s’amollir (v.) : devenir mou, souple
19. gorgée (n. f.s.) : quantité contenue dans la bouche qu’on avale en une seule fois
20. tressaillis (v. tressaillir) : sursautai
21. n’est pas en reste : participe
22. émoustille (v. émoustiller) : excite, sollicite
23. papilles (n. f.p.) : petites excroissances sur la langue, organes du goût
24. cédrat (n. m.s.) : agrume proche du citron
25. preste (adj. m.s.) : souple
26. abricotez (v. abricoter) : nappez, recouvrez de nappage
27. troupelets (n. m.p.) : petits groupes, troupeaux

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Les gâteaux du cinéma

Je profite du thème de LCFF de ce mois-ci pour régaler ma gourmandise et je l’espère, la vôtre. En effet, le cinéma français regorge de trouvailles pâtissières qui pourront satisfaire vos yeux, vos oreilles et vos papilles. J’ai puisé(1) dans ces recettes cinématographiques et je compte bien vous en livrer le meilleur. Ma sélection est subjective, bien sûr, et elle n’a pas peur des collaborations : à côté de films uniquement français, j’ai choisi des coréalisations, tout simplement parce que la cuisine en général et la pâtisserie n’ont pas de frontière ; elles rapprochent souvent les êtres.


Le gâteau le plus féerique

C’est le cake d’amour que prépare Peau d’âne pour le Prince, son LCFF53 CINEMA amoureux, dans le film français Peau d’âne de Jacques Demy, réalisé en 1970. Jacques Demy s’est inspiré du conte de Perrault pour en faire une comédie musicale contemporaine. Lorsqu’il voit la belle Peau d’âne, le prince tombe malade d’amour. Il demande que sa bien-aimée lui fasse un gâteau. Ce qu’elle fait en chantant. Eh oui ! Peau d’âne, Catherine Deneuve chante la recette du « cake d’amour » , ainsi vous pouvez le préparer vous-même à la maison. C’est un simple quatre-quart, rempli d’amour, dans lequel elle glisse un cadeau, une bague. Le prince dit qu’il épousera celle dont le doigt correspondra à la bague. Je vous laisse savourer la fin ! Ce film scelle(2) la troisième collaboration entre l’anticonformiste Jacques Demy et la divine Catherine Deneuve.

Le gâteau le plus spectaculaire
C’est la pièce montée immense et très décorée conçue par Vatel, le cuisinier et pâtissier du roi Louis XIV. La mise en scène grandiose du film Vatel réalisé par Rolland Joffé et le jeu de Gérard Depardieu qui l’est tout autant servent à merveille les fêtes et les festins(3) fastueux(4) que Vatel organisait dans les châteaux de Vaux-le-Vicomte et de Chantilly. Le film est franco-britanico-belge et date de 2000. Le choix des acteurs est international et aussi diversifié que les mets(5) préparés !

Le gâteau le plus politique

C’est le Saint-Honoré crème Mémé que prépare Hortense Laborie au Président de la République dans le film Les saveurs du palais de Christian Vincent qui est sorti en 2012. Comme son nom l’indique, cette recette a été transmise à Hortense par sa grand-mère et le nom du gâteau est le même que la rue qui accueille le palais du président, l’Elysée, rue du Faubourg Saint-Honoré. Nous avions déjà parlé de ce film dans un article précédent. Une des rares fois où la politique a bon goût.

Le gâteau le plus traditionnel
C’est la fameuse bûche de Noël que ne veut pas manger Charlotte Gainsbourg et qu’une de ses sœurs, sous les traits6 d’Emmanuelle Béart, veut absolument faire goûter aux membres de la famille. Car Noël est une fête de famille. Mais quelle famille ! Complètement décomposée… Parviendront-il à manger cette fameuse bûche qui donne son nom à ce film français réalisé en 1999 par Danièle Thompson ?

Les gâteaux les plus hallucinants
Ce sont les gâteaux que confectionne Paulette, jouée par la toujours excellente Bernadette Lafont, autrefois pâtissière qui vit maintenant dans une cité HLM7. Avec sa maigre retraite8, elle ne parvient pas à joindre les deux bouts(9), alors elle décide de préparer de belles recettes avec pour ingrédient principal le cannabis ! Derrière son côté frivole(10) et comique, Paulette (réalisation Jérôme Enrico, 2013) raconte des faits proches de la réalité et une réalité bien triste : la pauvreté et le désarroi(11) de nombreux retraités.

Le gâteau le plus poétique
Ce sont les dorayaki de la vieille Tokue, ces pâtisseries traditionnelles japonaises composées de deux pancakes fourrés d’une pâte de haricots rouges confits. Ce film franco-germano-japonais de 2015 explore les relations entre Sentaro, Tokue et Wakana, tous les trois d’âge et d’expérience très différents. C’est la vieille Tokue qui transmet son savoir-faire et sa vision du monde poétique : pour elle, il faut « savoir écouter et regarder ce que racontent les haricots rouges ou bien encore les feuilles de cerisier ». Avec ses gâteaux, cette femme ouvre un véritable chemin vers la grâce et la leçon de cuisine devient une leçon de vie.

Vous pouvez vous aussi vous amuser à chercher des gâteaux dans le cinéma français…Dans ce cas, je vous souhaite bon appétit et surtout, n’oubliez pas que… le français, c’est du gâteau !

Lexique
1. ai puisé (v. puiser) : ai cherché, ai pris
2. scelle (v. sceller) : confirme
3. festins (n. m.p.) : repas de cérémonie
4. fastueux (adj. m.p.) : qu montrent la richesse
5. mets (n. m.p.) : plats
6. traits (n. m.p.) : visage
7. HLM : sigle pour «habitation à loyer modéré»
8. retraite (n. f.s.) : somme d’argent que l’on reçoit mensuellement quand on est à la retraite
9. joindre les deux bouts : être capable de payer toutes les factures
10. frivole (adj. m.s.) : léger, pas sérieux
11. désarroi (n. m.s.) : trouble, détresse, angoisse

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