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Je n’suis pas bien portant Gaston Ouvrard

Voulez-vous écouter une curiosité ? Suivez ce lien (https://www.youtube.com/watch?v=mluu9VIGifQ). Vous y verrez/entendrez un véritable morceau de bravoure(1) : Gaston Ouvrard chante Je n’suis pas bien portant.
Gaston Ouvrard est un comique-troupier. Le comique-troupier est un genre à lui tout seul : c’est un homme, souvent un ancien militaire, qui propose des numéros qui divertissent la troupe(2), soit en chantant, soit en racontant des histoires qui sont liées à la vie de soldat.
Le premier troupier connu a été Eloi Ouvrard, le père de Gaston Ouvrard. De grands artistes de l’époque se sont aussi illustrés dans ce style : Fernandel, Raimu, Rellys, Maurice Chevalier.
Dans cette chanson, Ouvrard dresse une longue liste des douleurs dont il souffre. Remarquez avec quelle rapidité il chante son texte et la mémoire qu’il lui a fallu pour énoncer ces vers sans se tromper !

J’ai la rate qui s’dilate
J’ai le foie qu’est pas droit
J’ai le ventre qui se rentre
J’ai l’pylore qui s’colore
J’ai l’gésier anémié
L’estomac bien trop bas
Et les côtes bien trop hautes
J’ai les hanches qui s’démanchent
L’épigastre qui s’encastre
L’abdomen qui s’démène
J’ai l’thorax qui s’désaxe
La poitrine qui s’débine
Les épaules qui se frôlent
J’ai les reins bien trop fins
Les boyaux bien trop gros
J’ai l’sternum qui s’dégomme
Et l’sacrum c’est tout comme
J’ai l’nombril tout en vrille
Et l’coccyx qui s’dévisse

Ah ! Bon Dieu ! Qu’ c’est embêtant
D’être toujours patraque,
Ah ! Bon Dieu ! Qu’ c’est embêtant
Je n’suis pas bien portant.

Lexique
1. bravoure (n. f.s.) : courage
2. troupe (n. f.s.) : groupe de soldats

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Voyage, Voyage

Ce mot répété deux fois rappelle immédiatement une chanson de la fin des années 80, Voyage voyage, interprétée par Desireless, cette chanteuse à la coiffure curieuse (ses cheveux étaient dressés verticalement sur sa tête).
Voyage voyage
Plus loin que la nuit et le jour
Voyage voyage
Dans l´espace inouï(1) de l´amour

Et l’on pourrait citer des dizaines de chansons qui célèbrent le voyage, qui apparaît alors comme le commencement d’une vie nouvelle, plus belle, plus riche, plus porteuse d’émotions.
Best-ofEn 1962, Henri Salvador pose sa voix de velours sur Syracuse. Il voit le temps qui passe et sait qu’il faut profiter de chaque instant de la vie.
Avant que ma jeunesse s’use
Et que mes printemps soient partis
J’aimerais tant voir Syracuse
Pour m’en souvenir à Paris.

Beaucoup plus récemment (2015), la jeune Louane reprend une chanson que Michel Sardou avait interprétée en 1983 : Je vole. Elle cherche à se donner du courage pour quitter le cocon douillet(2) de la famille car elle sent que la «vraie» vie l’attend ailleurs.
Mes chers parents, je pars
Je vous aime mais je pars (…)
Je n’ m’enfuis pas je vole

De même, tout le monde connaît Emmenez-moi, de Best-of-40-chansonsCharles Aznavour en 1967. Pour lui, ailleurs est forcément plus beau.
Emmenez-moi au bout de la terre
Emmenez-moi au pays des merveilles
Il me semble que la misère
Serait moins pénible au soleil
Mais le voyage, pour certains, c’est aussi la perte des illusions. Après l’exotisme de la nouveauté et de la différence, on se demande si, finalement, on n’était pas mieux chez soi. Et on a envie de rentrer au bercail(3).
En 1987, la chanson de Jean-Louis Aubert, Les plages, commence par les enfants qui regardent avec envie les bateaux qui passent ; elle se termine par les vieux marins qui, après une vie de voyage, retournent finir leur vie dans leur ville natale. Ils regardent les enfants qui souhaitent à leur tour partir. La vie est un éternel recommencement…
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui font signe aux bateaux
(…)
Sur toutes les plages y a des vieux
Qui regardent les mômes
Tendre la main aux bateaux

Et pour conclure, cette très célèbre chanson de Georges Brassens de 1956 : Auprès de mon arbre.
L’auteur y évoque sa vie « d’avant », quand il était jeune et insouciant. Il n’était pas riche mais au moins, il était heureux.
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J’aurais jamais dû m’éloigner d’ mon arbre…
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J’aurais jamais dû le quitter des yeux..
.

En somme(4), voyager, c’est bien, c’est beau, ça enrichit la vie. Mais cela ne peut pas être une fin en soi. Car au bout du compte, on n’est jamais aussi bien qu’à l’endroit où l’on est né. A méditer…

Lexique
1. inouï (adj. m.s.) : incroyable
2. douillet (adj. m.s.) : confortable
3. bercail (n. m.s.) : maison (théoriquement : bergerie)
4. en somme : en résumé

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Un festival de festivals !

Par Mélanie Hernandez

Francofolies
de la Rochelle
(juillet)
Voici un autre des plus fameux festivals de France. Jean-Louis Foulquier (grand amoureux de musique, homme de radio et producteur, décédé en 2013) l’a fondé en 1985 dans l’idée de faire entendre des musiques actuelles, principalement francophones, à un très large public.

Lire la suite → –