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Mon beau sapin…

S’il est aujourd’hui inimaginable de célébrer Noël sans un sapin d’un beau vert éclatant, ce tableau de Marcel Rieder nous rappelle que cette tradition ne remonte pas à si loin dans le temps…

Cette toile de Marcel Rieder, de 1898, tout simplement intitulée Noël, n’est pas sans rappeler l’ambiance magique et feutrée de cette période si importante pour les Français.

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L’art du manga

Le terme manga vient du rassemblement de deux kanjis (caractères d’écriture japonaise) : ga (dessin, gravure) et man (involontaire, divertissant). Il est traduit généralement par « image dérisoire » ou « dessin au trait libre ». La France est le deuxième pays lecteur de mangas au monde, derrière le Japon. Mais qu’est-ce qu’un manga ? En quoi se différencie-t-il de la bande dessinée ?

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L’horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier

Pour vous parler de Lyon ce mois-ci, j’ai tout spécialement choisi un film qui, à mon avis, donne à voir comme nul autre la troisième ville de France. Il s’agit de L’horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier. Mais pourquoi donc ce film plutôt qu’un autre ? Et bien, voici la réponse en trois points.

C’est un film lyonnais
Bertrand Tavernier est originaire de Lyon. Il trouve qu’il y a une ambiance mystérieuse dans cette ville. L’horloger de Saint-Paul est le premier long métrage du réalisateur. En 1973, le trentenaire1 cinéphile2 a une très grande envie : montrer Lyon sous un jour nouveau, loin de tous les clichés habituels, et surtout montrer sa ville natale comme il l’aime.
Pour ce faire, il adapte le roman policier de Georges Simenon L’horloger d’Everton. Pour le réalisateur, la langue de l’écrivain belge francophone est propice3 à la description de cette ville ; c’est une langue qui met en valeur les bruits, les odeurs, les regards ! Le jeune réalisateur demande aux scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost de l’aider : le scénario doit être bien écrit et retranscrire une façon de parler authentique loin des parisianismes.
Bertrand Tavernier opte4 pour des techniques spécifiques : pour que les spectateurs « sentent » le lieu, il filme le plus souvent caméra à la main, refuse de tourner en studio, jamais à Paris !
Tavernier nous laisse voir Lyon grâce aux nombreux travellings qui suivent les personnages. On ne voit pas les touristiques Fouvière ou Bellecour ; et quand on voit le Parc de la Tête d’Or, c’est pour assister à la conversation entre les deux personnages principaux. Les quais du Rhône sont la scène d’une bagarre mémorable5 ! L’appartement de Descombes (Philippe Noiret), mal isolé avec ses plafonds hauts, sa cour ouverte, laisse entrer la vie du voisinage : le spectateur visite le lieu de vie des protagonistes6 en même temps qu’il pénètre dans l’intimité du vieux Lyon, du quartier de Saint-Paul. Le spectateur est transporté au marché, dans le bus, dans les petites rues avec ses commerces, visite le périphérique, la banlieue, la campagne.
La bande-son, elle, laisse entendre les véritables bruits du marché, des sirènes7 de police, des oiseaux, des voitures…

C’est un film engagé
Beaucoup de producteurs ont refusé le film à cause de son sujet basé sur un crime. De plus, il s’agit d’une critique politique et sociale de la France post-mai 1968. Bien sûr, le film est politique, mais il est aussi et surtout philosophique ! Grâce à son jeu subtil, l’acteur principal, Philippe Noiret, montre que l’être humain peut évoluer sans juger son semblable : il passe d’un homme un peu empoté8 à une personne courageuse qui ne se laisse pas influencer par la peur et les opinions des autres, bref, un homme qui se libère des carcans9 sociétaux et qui conquiert sa dignité. En même temps, il va cheminer vers une plus grande compréhension de son propre fils. La relation père-fils est ici une préoccupation essentielle !
Ce film est la première collaboration entre Noiret et Tavernier, il y en aura six autres : le réalisateur a trouvé son alter ego !
J’ajoute que le film est dédicacé à Jacques Prévert. Pour Bertrand Tavernier, le poète symbolise la liberté et l’engagement politique français car politisé bien avant mai 68 et anti-fasciste. En effet, une des originalités de ce film est qu’il est engagé sans être didactique. C’est un film sur la liberté : de penser, d’aimer, d’évoluer. Un film sur la liberté de créer des œuvres.

C’est une oeuvre d’art
Le film a obtenu le 31ème Prix Louis Deluc. Pour le réalisateur, c’est une revanche du travail artistique sur les idées reçues !
Le film fourmille de trouvailles10 techniques : il y a entre autres la composition admirable de chaque plan et de chaque séquence ; par exemple, lorsque le réalisateur fait alterner discussion entre les protagonistes et jeux entre divers plans de la région lyonnaise. Il s’amuse également dans de nombreuses images avec les lignes de fuite11. Il faut également retenir la superbe musique de Philippe Sarde, (le « perfectionniste musical du cinéma français ») qui va lui aussi devenir un fidèle collaborateur.

L’horloger de Saint-Paul est un premier long métrage où Bertrand Tavernier impose une vision du monde, une identité et une façon de travailler très personnelle !


Lexique
1. trentenaire (n. m.s.) : qui a entre 30 et 40 ans
2. cinéphile (adj. m.s.) : qui aime le cinéma
3. propice (adj. f.s.) : particulièrement bien adaptée
4. opte (v. opter) : choisit
5. mémorable (adj. f.s.) : dont tout le monde se souvient
6. protagonistes (n. m.p.) : personnages principaux
7. sirènes (n. f.p.) : dispositifs d’alerte sonore
8. empoté (adj. m.s.) : maladroit
9. carcans (n. m.p.) : contraintes
10. trouvailles (n. f.p.) : éléments positifs trouvés par hasard
11. lignes de fuite (n. f.p.) : lignes qui partent en direction de l’horizon et qui donnent une impression de profondeur à l’image

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