Quel drôle de destin que celui d’Amélie Poulain !

Par Romain Devaux

Connaissez-vous Amélie ?
Petite, brune aux yeux malicieux, elle fait partie de ces personnes qui aiment les petits plaisirs de la vie, comme plonger sa main dans un sac de grains, briser la croûte des crèmes brûlées avec une petite cuillère ou encore faire des ricochets(1) sur le canal Saint- Martin.
Non, cela ne vous dit rien ? LCFF revient donc ce mois-ci sur le plus gros succès cinématographique français du début du XXIe siècle, juste pour vous.

Sorti en salle en 2001, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain fait aujourd’hui partie des grands classiques. Il est progressivement devenu l’emblème(2) du cinéma français à l’étranger, avec plus de trente millions de spectateurs à travers le monde.
L’histoire est celle d’Amélie, jeune Parisienne de Montmartre qui travaille comme serveuse aux Deux Moulins, un bar-tabac tenu par Suzanne (une ancienne danseuse à cheval qui s’est cassé la hanche). Jusque là, rien de bien surprenant. Cependant, à ses vingt-deux ans, Amélie trouve un but à son existence : elle veut réparer la vie des autres. De fil en aiguille(3), la jeune demoiselle va mettre en place des stratagèmes(4) pour aider incognito(5) les personnes de son entourage. Parmi elles, sa collègue Georgette (la malade imaginaire), son épicier Lucien (gentil rêveur), son voisin « l’homme de verre » ou encore sa concierge Madeleine
qui passe son temps à siroter(6) du porto.

La quête dans laquelle la jeune femme s’est lancée est perturbée lorsqu’elle rencontre le jeune homme à la mobylette, Nino Quincampoix, qui travaille à mi temps comme gorille dans un train fantôme et comme caissier dans un sex-shop. Cette rencontre très insolite bouleverse le quotidien de la demoiselle qui va commencer un jeu de cache-cache avec Nino, dans le but de lui déclarer son amour.
Jeune femme atypique, Amélie nous fait voir le monde différemment pour nous rappeler que la vie est bien plus simple qu’on se l’imagine et que le bonheur peut tenir à quelques sourires. Si comme Amélie, vous aimez regarder les nuages allongé dans l’herbe, observer les gens et laisser travailler votre imagination, bref, que vous avez gardé votre âme d’enfant, regardez sans attendre ce chef d’oeuvre du cinéma français qui vous fera esquisser(7) bien plus qu’un sourire.
Le caractère très singulier de cette comédie française peut expliquer son succès dans l’Hexagone et à l’étranger. Jean-Pierre Jeunet, le réalisateur, crée un monde loufoque(8) dans lequel cohabitent des personnages très touchants et assez drôles : le client de bar obsessionnel, le père attaché à un nain de jardin, le collectionneur de clichés de photomaton, pour n’en citer que quelques-uns. En plus de ce choix de personnages, le récit assez superficiel de ces petits problèmes quotidiens rend le film divertissant et accessible à tous. Pour finir ce fabuleux mélange, le long métrage est accompagné d’une bande-son composée par Yann Tiersen à couper le souffle(9), récompensée par de nombreux prix dont le César pour la meilleure musique de film en 2002.
Aujourd’hui encore, de nombreux touristes s’arrêtent rue Lepic, au Café des deux moulins où a été tourné le film. La partie tabac a disparu mais on retrouve quelques traces du passage de la jeune Amélie et le temps d’un café, on s’attache comme elle à ces petits plaisirs quotidiens qui rendent la vie plus douce.

1. ricochets (n. m.p.) : rebonds que l’on fait sur l’eau avec un pierre plate
2. emblème (n. m.s.) : symbole
3. de fil en aiguille : petit à petit
4. stratagèmes (n. m.p.) : stratégies
5. incognito (adv.) : sans être reconnu
6. siroter (v.) : boire lentement
7. esquisser (v.) : dessiner légèrement
8. loufoque (adj. m.s.) : un peu fou
9. à couper le souffle : incroyable, magnifique

 

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