Néon parallax : quelques lumières en ville, à Genève

Depuis 2012, les habitants et tous les visiteurs de Genève peuvent admirer un projet qui réunit neuf réalisations d’artistes suisses et internationaux. Ce projet intervient dans le quartier de Plainpalais pour une durée de dix ans.
Conçu pour créer un écho aux enseignes publicitaires lumineuses, ces œuvres se montrent de manière originale : dans les nuages !
En effet, généralement, les œuvres d’art qui enrichissent l’espace public des villes sont disposées au sol et nous circulons autour d’elles. Pour cette fois, les passants doivent observer ces réalisations au sommet des immeubles. J’ai choisi ce vaste projet car les œuvres emploient plusieurs langues et langages graphiques. Elles sont fabriquées en néon. Leurs dispositions se suivent autour de la plaine de Plainpalais. Ce lieu est une place en forme de losange qui vient d’être aménagée pour créer un espace de détente et de jeu. Des arbres bordent son contour. Ces œuvres d’art lumineuses s’inscrivent dans le ciel genevois.
Ces créations, imaginées spécialement pour ce site, abordent l’aspect international et polyglotte5 de la ville. Des propositions avec des lettres en langues française, anglaise et allemande s’associent à des formes plutôt géométriques.
L’approche ludique est ici privilégiée. Par exemple, la sculpture de Dominique Gonzalez-Foerster, Expodrome, joue avec les couleurs et la façon d’éclairer les lettres. Celles-ci s’allument suivant des horaires particuliers. Le mot entier s’illumine en rose, en orange ou en blanc, pendant une minute toutes les heures. Puis, l’ensemble se fragmente et laisse apparaître certaines lettres. Le « x » peut s’allumer seul ou bien le « d » peut s’éteindre laissant ainsi apparaître deux mots distincts : « expo » et « rome ».
Ces jeux de lettres forment des mots qui invitent à imaginer des récits depuis le jardin de la plaine suivant les heures de la journée ou de la nuit, en été ou en hiver. Les différentes couleurs se combinent aussi sur les lettres de manière inattendue.
Comme pour la précédente exposition à Paris, Expodrome place le spectateur au centre du projet, il propose un « espace partagé » et un « espace de jeu ». L’artiste française retrouve ainsi le désir de montrer les relations qui existent entre l’espace public et l’architecture, le cinéma ou la musique.

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