Mes études sur l’île

par Lukas Ryter

Je m’appelle Lukas, j’habite en Suisse, dans la partie germanophone et j’ai 20 ans. Je vais passer ma « maturité » dans un an. C’est un examen scolaire généraliste, très important dans le cursus suisse. Ce que je redoute(1) le plus, c’est l’épreuve de français.


IMG_00360En Suisse, l’apprentissage du français est obligatoire puisqu’une partie du pays est francophone. Nous l’apprenons donc dès l’école primaire. Je trouve que c’est une langue difficile qu’il est nécessaire de pratiquer régulièrement pour ne pas l’oublier. J’ai donc décidé de partir six mois pratiquer le français dans un pays francophone. J’ai appris que l’école France Langue proposait un programme de français en Martinique, je me suis alors dit que ce serait le cadre idéal pour me préparer en même temps à mon futur métier : coach sportif ou professeur de sport.  La Martinique est le lieu parfait pour combiner ces deux activités : on y parle français et il y a de nombreuses opportunités pour les sportifs ou les amoureux de la nature.

J’avoue que je ne connaissais pas bien les DOM-TOM avant mon départ. Bien sûr je savais qu’il y avait des îles dans le monde où l’on parle le français, mais je ne savais pas que la Martinique, tout comme la Guadeloupe, la Guyane ou la Réunion, étaient des DOM (Départements d’Outre-Mer), autrement dit des départements de la République française,  et qui ont le même statut que les régions de la France métropolitaine(2). L’idée de partir dans les Caraïbes m’a immédiatement séduit. C’est vrai qu’il aurait été plus facile de traverser la frontière pour aller en France mais je souhaitais un vrai dépaysement(3). Il faut profiter de sa jeunesse pour partir à la rencontre d’autres pays, d’autres cultures. Et le dépaysement que je cherchais, je l’ai trouvé dans les Antilles françaises !

SophieD
SophieD

Mes premiers jours ont été un peu difficiles, il fallait s’habituer au rythme mais aussi à la chaleur ! Ici il n’y a pas de stress, pas d’urgence, la vie s’écoule lentement au rythme du soleil : les journées commencent vers 7h et le soir, les rues sont désertées(4) dès 19h. La ponctualité dans les transports ou les commerces n’est pas forcément de rigueur(5), ce qui a été difficile à comprendre pour moi qui vient de Suisse !
Heureusement, France Langue m’avait trouvé un logement en famille d’accueil, ce qui m’a permis de me sentir moins seul et surtout de vivre la culture martiniquaise de l’intérieur. J’ai été logé dans une famille sur la magnifique commune du François, sur la côte atlantique. Le matin, je prenais des cours de français à l’école de Fort-de-France, et l’après-midi, je faisais du sport. La Martinique propose de nombreuses activités aussi bien culturelles que sportives. Vous pouvez bien sûr visiter les rhumeries(6) de l’île, le musée de la banane ou celui de l’esclavage, mais vous pouvez aussi pratiquer toutes sortes d’activités nautiques comme la plongée(7), le kite-surf, la planche à voile, le jet-ski. Pour les amoureux de la nature, il est également possible de faire de la randonnée sur la Montagne Pelée et du kayak sur la mangrove(8).

La Martinique est aussi réputée pour sa gastronomie,  j’ai ainsi goûté les spécialités locales comme les acras de morue (sorte de beignets) ou le gratin de banane. La banane est, avec la canne à sucre, une des richesses de l’île. Nous la trouvons partout et sous toutes ses formes ! J’ai même découvert le ketchup à la banane que je ne connaissais pas et qui est délicieux, je vais en rapporter en Suisse.

Aujourd’hui, après plusieurs mois passés en Martinique, je m’y sens très bien, j’ai même réussi à intégrer l’équipe de football locale. Malheureusement un problème de licence ne me permet pas de jouer les matchs officiels mais comme on dit ici « Pani pwoblem »,  ils me laissent tout de même participer à tous les entraînements ainsi qu’aux matchs amicaux. L’équipe est vraiment super avec moi, même si parfois ils oublient que je suis là et parlent créole entre eux ! C’est un bon signe d’intégration, non ?

1. redoute (v. redouter) : crains, qui fait peur
2. métropolitaine (adj. f.s.) : qui se trouve à l’interieur des frontières de la france continental
3. dépaysement (n. m.s.) : changement profond des habitudes et des références
4. désertées (part. passé. passif, v.déserter) : vidées, évacuées
5. n’est pas de rigueur : n’est pas  obligée, pas habituelle
6. rhumeries (n. f.p.) : lieux de fabrication du rhum
7. plongée (n. f.s.) : activité sous-marine avec masque et parfois bouteille à oxygène
8. mangrove (n. f.s.) : écosystème tropical mêlant marais maritimes et
végétation

 

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