Mareike

Mareike

par Julie Boudillon

Tout commence dans les années quatre-vingt-dix, où Mareike passe ses étés en famille dans un camping des Cévennes : « Le paradis ! » dit-elle. Une attirance pour la France naît de ces souvenirs de vacances, peut-être entretenue quand ses parents lui apprennent des chansons en français de retour chez elle, en Allemagne.

Photo MareikeDevenue étudiante, elle passe un an à Paris. Elle rencontre des difficultés pour trouver un logement, et se sent freinée par son niveau en français. Elle tire alors deux leçons : il faut vivre en colocation(1) et trouver rapidement un petit boulot(2). Et ainsi, parler, parler, parler ! A la fin de son séjour, elle travaille comme serveuse dans un restaurant. Selon elle, il faut travailler dès le départ : c’est le meilleur moyen de se lancer, de surmonter sa peur, car on est obligé de parler.

« En français, dans chaque phrase, il y a tellement de choses ! explique-t-elle, ça peut faire peur, d’autant plus que les Français parlent peu les langues étrangères, et ne sont pas habitués à partir vivre à l’étranger : ils n’ont pas le réflexe de parler plus lentement, de tout expliquer. »

«J’essayais de les comprendre mais parfois, j’avais l’impression de n’entendre qu’un seul long mot !»

(Je précise qu’aujourd’hui, seul un très léger accent indique que Mareike ne parle pas dans sa langue maternelle : son français est parfait.)

Deux ans après, elle rencontre son petit ami actuel, qui est anglais. Ils décident de s’installer à Paris, à mi-chemin entre leurs deux pays. Et tout se passe très bien, notamment grâce … aux Parisiens :
« Contrairement aux idées reçues, ce sont des gens très accueillants(3). Les deux seules personnes que je connaissais ici m’ont permis d’en recontrer au  moins une trentaine ! ». Et puis, cette fois-ci, elle sait qu’il est très important de trouver un travail. Mais elle constate vite que le nombre de CV envoyés n’est jamais égal au nombre de réponses reçues.

En vivant ici, elle a constaté un engagement certain des gens envers la société, notamment à travers les nombreuses grèves et manifestations, mais aussi par des signes beaucoup plus quotidiens : « Ici, des enfants de 4 ou 5 ans ont une opinion politique ! »

Et puis, il y a ce petit quelque chose dans les rapports entre les gens : l’humour, la légéreté…

« Quand il fait beau dehors, être assis à la terrasse d’un café entouré de Français, c’est très agréable.
Le paradis ! »

1. colocation (n. f.s.) : partage d’un appartement à plusieurs
2. boulot (n. m.s. familier) : travail, emploi
3. accueillants (adj. m.p.) : agréables et heureux de vous recevoir

 

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