Les Monuments historiques

Par Florence Teste

Les monuments historiques apparaissent comme les témoins des époques révolues. La France a depuis très longtemps accordé une place importante à ces édifices ou à ces objets qui ont fait notre Histoire et qui ont ainsi participé à l’élaboration de la culture d’aujourd’hui.
A la Révolution française, on a commencé par confisquer les biens de la Couronne de France, des émigrés (principalement, les aristocrates qui se sont enfuis à l’étranger) et de l’Eglise.

Certains ont tout simplement été détruits comme La Bastille, d’autres ont changé de fonction (pour devenir des prisons, par exemple) ; mais la plupart ont été vendus à des particuliers qui les utiliseront parfois comme carrière de matériaux de construction.
Dès 1791, on s’est intéressé aux «monuments historiques», synonymes de «symbole de la période avant la Révolution». En 1819, le ministère de l’Intérieur a alloué pour la première fois un budget pour l’entretien de certains monuments et c’est en 1840 qu’une première liste en a été dressée. Aujourd’hui, ce sont 43 600 bâtiments et plus de 300 000 objets qui sont enregistrés par les Monuments historiques et espaces protégés du ministère de la Culture et de la communication.
Cette liste continue à s’allonger (trop, selon certains) puisque régulièrement, l’Etat y ajoute des biens. Par exemple, la Cité radieuse, à Marseille, dessinée par Le Corbusier en 1945. De plus, le type de biens s’est élargi puisqu’on y trouve non seulement des bâtiments, des meubles et des bijoux mais aussi des jardins, des machines industrielles ou encore des bateaux.

Il existe deux types de protection : un bien peut être « inscrit » ou « classé » au titre des monuments historiques. Dans le premier cas, il s’agit de la reconnaissance d’un intérêt à l’échelle régionale ; dans le second, c’est un intérêt à l’échelle nationale.
Cette distinction comporte à la fois des avantages et des obligations. Tout d’abord, le propriétaire des lieux est tenu d’entretenir l’édifice. Pour cela, il est accompagné par des experts techniques aussi bien que scientifiques, qui font partie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC). Il peut également recevoir une aide financière de l’Etat et obtenir la défiscalisation de certaines des sommes dépensées.

En revanche, il doit absolument respecter de nombreuses règles afin de sauvegarder le style d’origine. Pas question, par exemple, d’installer des fenêtres en PVC blanc dans un château du
Moyen-Age !

Les Architectes des Bâtiments de France, qui sont des fonctionnaires appartenant à la préfecture (ministère de l’Intérieur), vérifient d’ailleurs que soient respectées ces obligations. Ils peuvent également aider les particuliers à monter des dossiers de financement ou de restauration.
De plus, quand un bien est inscrit ou classé, cela a des répercussions sur toute la zone qui l’entoure dans un rayon de cinq cents mètres. En effet, le principe du champ de visibilité est appliqué : si, depuis un même point de vue, on peut voir le bâtiment protégé et un autre élément, ce dernier fait également l’objet d’une protection. Par exemple, il est impossible de couper de grands arbres, de démolir un bâtiment, ou encore de changer la couleur des volets de votre maison si vous habitez dans un rayon de
500 mètres autour d’un bâtiment inscrit ou classé.

Cette organisation explique en partie le succès touristique de la France. En effet, les touristes viennent en grand nombre, notamment pour visiter les traces de notre Histoire : le musée du Louvre et le palais de Versailles sont les deux premiers lieux les plus visités de France.

Répartition historique des monuments
6% des époques préhistorique et antique
32% du Moyen-âge
44% des Temps modernes
18% de l’époque actuelle

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