Izia, La vague (2015 – Barclay)

par Alexis Caucigh

Pour ceux et celles qui l’ignoreraient encore, Izia est la fille de Jacques Higelin, un célèbre artiste français dont la carrière est immense. Jeune artiste de 24 ans, elle a à ce jour produit trois albums teintés de rock musclé, avec une touche plus pop pour le troisième.

Dans un milieu parental plutôt propice à l’apprentissage de la81lh+zqeJYL._SL1500_ musique, Izia commence le chant et apprend la guitare très tôt. À 16 ans seulement, elle fait déjà la première partie de l’immense Iggy Pop, en juin 2006 au Palais des sports de Paris. Son premier album, éponyme(1), sort en 2009, et remporte le titre de meilleur album pop-rock de l’année et révélation scène en 2010 lors des Victoires de la musique. Ce fulgurant(2) succès lui vaudra également un disque d’or (50 000 exemplaires vendus).
Son deuxième album So much Trouble sort en 2012 et sera également couronné d’une Victoire de la musique. Pour son troisième album, La vague, Izia tourne la page du rock brut et tend vers un univers plus mélodique et pop, mais en gardant son énergie animale. Elle décide également d’écrire les textes en français, ce qu’elle n’avait pas fait pour les deux albums précédents. Le tout donne un ensemble abouti(3) avec des sonorités très riches qui vont au-delà de la pop que l’on entend habituellement à la radio. L’emploi de synthétiseurs et des lignes de basse bien tranchées, comme dans Silence Radio, donne des sons plus acides et même froids par moments, un côté un peu « noisy » ou rappelant la cold wave des années 80. D’autres titres sont plus dansants et envoûtants(4) comme Reptile, avec des percussions électroniques rappelant les danses tribales. En allégeant(5) son côté rock, Izia prend le pari de gagner un public davantage pop.
Pari risqué que les critiques musicales actuelles ont parfois noté sévèrement. Pour moi, cette artiste recherche son univers musical et prend du plaisir à passer d’un style à un autre, avec l’expression d’une force naturelle évidente. Izia est une petite boule de nerfs qui exprime son art avec passion et envie. Cela s’est confirmé lorsque je l’ai
vue en concert pendant le festival « Voix de
femmes » à Maury, près de Perpignan cet été. Sautillant(6) partout sur la scène, avec son aura particulière, attentive et proche de son public, Izia a littéralement emporté l’auditoire(7).

1. éponyme (adj. m.s.) : qui porte son nom
2. fulgurant (adj. m.s.) : très rapide
3. abouti (adj. m.s.) : travaillé, bien fini
4. envoûtants (adj. m.p.) : captivants
5. allégeant (v. alléger ; part. présent) : rendant plus léger
6. sautillant (v. sautiller. part. présent) : faisant de petits sauts
7. auditoire (n. m.s.) : public qui écoute

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