Insecte de Claire Castillon

Insecte de Claire Castillon

Famille traditionnelle ou recomposée, fratrie, enfants et parents, les histoires de famille en littérature mettent souvent le doigt où cela fait mal : mensonges, trahisons, tromperies.
Dans son recueil de nouvelles Insecte, Claire Castillon a choisi de disséquer(1) les relations entre les mères et leurs filles. Tout y passe : de l’incompréhension constante à la jalousie, la difficulté de communication, la possessivité(2), la dissimulation(3), le manque de distance, le manque de confiance, la rivalité(4), jusqu’à la haine. Ce ne sont pas les sentiments les plus nobles qui émergent(5) le plus souvent : doute, soupçon, agacement, honte, parfois de la part des mères, parfois de la part des filles. Les torts sont partagés quand on fait les comptes, en fin de lecture.
Chacune des dix-neuf nouvelles est courte, écrite avec un style vif et acéré(6). Elles finissent souvent avec une chute surprenante et déconcertante(7). Je ne peux évidemment pas vous révéler les surprises que vous allez rencontrer au fil de votre lecture mais laissez-moi vous dévoiler(8) mes nouvelles préférées et leur sujet.
La narratrice d’Un bébé rose peine(9) à trouver le prénom adéquat pour sa fille qui vient de naître. D’ailleurs, elle a également tant de mal à croire à l’arrivée de sa fille qu’elle commettra l’irréparable. Tout comme cette mère qui, dans J’avais dit une, ne souhaitait pas vraiment d’enfant, s’était résignée à n’en avoir qu’un et accouche finalement de jumelles.
Dans la nouvelle intitulée Rupture, c’est toute l’ambivalence d’une relation mère-fille qui transparaît. La fille souhaite mettre de la distance avec sa mère qu’elle a de plus en plus de mal à supporter, dont elle a même de plus en plus honte. Mais peut-on jamais couper le cordon entre une mère et sa fille ?
Dans Ma mère ne meurt jamais, on frise(10) l’absurde avec une femme qui refuse de voir la réalité en face. Sa mère est en fin de vie mais elle nie(11) l’évidence. Car là aussi, malgré les difficultés rencontrées le temps d’une vie, il est inconcevable(12) de voir la relation mère-fille s’arrêter.
La tonalité des nouvelles est acerbe(13) et cruelle pour la plupart. Mais il y a aussi parfois de la tendresse, comme chez la petite fille qui attend fiévreusement une lettre de sa maman pendant son camp d’été. On ne peut s’empêcher de se demander quel type de mère l’auteure a bien pu avoir pour imaginer pareilles histoires !

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