Des hommes et des abeilles Markus Imhoof

Par Romain Devaux

Saviez-vous qu’en seulement quinze ans, plus de la moitié des abeilles ont disparu ? Phénomène très alarmant, cette épidémie touche sans distinction les ruches aux quatre coins de la planète. Une à une, nos amies rayées délaissent leur foyer et n’y reviennent plus. Markus Imhoof, réalisateur suisse, a choisi de se pencher sur ce constat bien dérangeant pour en faire un documentaire afin que chacun puisse rapidement comprendre les raisons qui ont mené à ce scénario catastrophique.

Apparues sur notre planète plusieurs dizaines deaff milliers d’années avant l’Homme, ces petites créatures noires et jaunes sont indispensables à notre survie. En effet, une grande majorité des espèces végétales de notre écosystème ont besoin d’être butinées pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation et donc, pas de fruits ni de légumes. Au milieu du XXe siècle, on avait déjà établi une relation entre la présence des abeilles et la survie de l’Homme. On a attribué cette phrase à Albert Einstein (même si on n’et pas sûr qu’il l’ait jamais prononcée) : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre ».

Pendant plus d’une heure et demie, le documentaire de Markus Imhoof donne la parole à plusieurs acteurs de la filière qui viennent des quatre coins du globe et questionnent cette situation extrêmement préoccupante. Narré par l’acteur français Charles Berling, le documentaire retrace les liens qui unissent l’Homme et l’abeille depuis de nombreux siècles.
Grâce à des techniques de prise de vue de pointe, on s’immisce dans l’intimité des ruches, au milieu de ces travailleuses ailées. Quelques scènes de synthèse nous permettent même de voler avec elles et de passer de pâquerettes en coquelicots sans le moindre mal, comme pour faire comprendre la responsabilité portée par ces petits êtres et l’importance de leur mission.
Dans un premier temps, Imhoof nous fait suivre nos amies les abeilles lors de leur acheminement par camion à travers les Etats-Unis. Là, elles sont sollicitées non pas pour la production de miel, mais pour la pollinisation massive de champs pleins de pesticides, ce qui occasionne de grandes pertes. On découvre ensuite une autre des multiples activités de la filière apicole: la vente de reines à des particuliers souhaitant produire leur propre miel. Les reines élevées sont expédiées par colis et transportées durant de longues heures avant d’arriver chez leur propriétaire. Afin de donner une vision globale de la situation, les caméras se déplacent progressivement dans les vallées suisses, puis dans la province du Sichuan en Chine, avant de retourner aux Etats-Unis dans l’Arizona pour rencontrer les « abeilles tueuses ».

Résolument pédagogique, ce long-métrage soulève la question de ce nouveau mal, parfois mystérieux, sans pour autant dramatiser exagérément la situation. Le réalisateur helvète, progressivement devenu un vrai piqué des abeilles, se fait porte-parole de ce problème écologique. Fort heureusement, cette cause n’est plus seulement l’affaire des spécialistes, des passionnés ou des écologistes, mais elle entre dans la conscience des citoyens avertis et attentifs à la biodiversité.

Récompensé par le Prix du cinéma suisse, le Prix du film allemand et au Festival international du film écologique de Bourges en 2013, puis candidat suisse lors de la cérémonie des Oscar 2014, Des Hommes et des abeilles a résolument marqué les esprits et ouvert la question de la survie des abeilles et des conséquences irréversibles qu’aurait leur disparition sur notre planète.

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