DJ, commercial ou non ?

Par Nikkopole

Dans ce numéro intitulé « Musiques », nous avons souhaité aborder un grand nombre de styles différents ; parmi eux, la musique électronique. Nicolas, qui est un amateur averti, se propose de vous en dire quelques mots.

urlPlutôt que de courir cet été voir We Are Your Friend, le dernier film de Max Joseph, racontant l’ascension(1) incroyable d’un DJ, incarné(2) par Zac Efron, je vous propose de vous pencher sur la distinction(3) entre la musique électronique underground et celle qui est jugée « commerciale ». Si on en croit la bande-annonce du film de Max Joseph, il ne faudrait qu’un minimum de talent et surtout un seul morceau de musique pour qu’un DJ réussisse. Malheureusement, la réalité est plus dure que cela et l’ascension promise par le réalisateur est souvent bien loin de la réalité.

La musique électronique a ses simples amateurs et ses passionnés. L’un des points de différence est l’aspect commercial : tant qu’il est inconnu, ou presque, un artiste appartient à la scène underground. Il est apprécié d’un nombre limité de personnes qui souhaitent se distinguer de la masse par leurs goûts « pointus(4) ». Mais dès qu’il devient célèbre, il a accès à un public plus large. On dit alors qu’il fait de la musique « commerciale ». À ce moment-là, les fans de la première heure se détournent de leur artiste favori en lui reprochant de gâcher(5) son talent pour courir après l’argent.
Car voilà une chose étonnante : une grande partie des fans de musique électronique arrêtent d’écouter leurs artistes préférés quand ces derniers passent dans ce qu’on appelle la musique «commerciale ».
Pourquoi donc ? Et bien, ces personnes qui ont suivi pendant des années un artiste alors qu’ils étaient les seuls à le faire, refusent bien souvent que celui-ci se cantonne à un seul morceau classé parmi les meilleurs du Top 50. Ce qu’ils refusent, c’est de voir les personnes qui ont pu les accompagner, les faire rêver, les surprendre, s’enterrer dans une niche(6) très (trop) codifiée.
Le meilleur exemple reste Daft Punk. Bien sûr, on ne peut plus dire d’eux qu’il s’agit d’artistes underground, mais on ne peut pas non plus les qualifier uniquement d’artistes commerciaux. Si l’on compare objectivement tous leurs albums, qu’on les aime ou pas, on est obligé de constater une grande diversité. Et c’est ainsi qu’ils arrivent, eux, à éviter de tomber dans le commercial.

Lexique

1. ascension (n. f.s.) : montée
2. incarné (adj. m.s.) : joué, interprété
3. distinction (n. f.s.) : différence
4. pointus (adj. m.p.) : sélects, complexes
5. gâcher (v.) : mal utiliser
6. niche (n. f.s.) : segment, secteur fermé

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