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Les festivals en France

Par Elodie Ressouches
www.bonjourinsitu.com

Un Français sur dix y a participé l’année dernière. Où ? Dans un festival ! Les festivals, « festoches » en argot, sont des séries de concerts sur plusieurs jours proposés tout à la fois dans des parcs urbains, à la campagne, en montagne ou encore au bord de la mer. Bref, dans des endroits vastes pouvant accueillir des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes. Petit tour d’horizon des festivals en France.

Les festivals sous toutes leurs coutures

Les ingrédients d’un bon festival sont : une ligne artistique claire et attractive (un style musical par exemple), une communication efficace, une logistique à toute épreuve, des équipes de choc et… du soleil – ou du moins des températures clémentes(1). C’est pourquoi la quasi-totalité des festivals ont lieu en été. En effet, pas moins de 84% des festivals a lieu entre le 1er juin et le 31 août de chaque année. En 2017, le week-end le plus chargé était celui du 8 juillet, avec quinze événements en simultané(2). Curieusement, ce ne sont pas les régions les plus ensoleillées qui accueillent le plus de festivals. Ainsi, la Corse n’en reçoit aucun alors que la Bretagne (pas toujours sous la pluie mais quand même…) en compte quinze. En moyenne (43%), les festivals durent trois jours. Un quart d’entre eux dénombrent de vingt à trente-cinq mille festivaliers et neuf en accueillent plus de cent cinquante mille. Ainsi, il y a eu 6,8 millions de festivaliers en 2017.

Pourquoi tant de succès ?

Festifs, engagés, parfois mythiques, les festivals sont des expériences à part entière. Nombreux sont les festivaliers à prendre un ticket (un « pass ») pour la totalité du festival. C’est alors qu’on vit « festival », qu’on mange « festival », qu’on dort (autant que possible) « festival ». Des campings sont parfois proposés à proximité des scènes pour ceux qui veulent vivre l’expérience dans toutes ses dimensions. Rendez-vous des groupes d’amis et des familles, la fréquentation des festivals est parfois un rituel scrupuleusement(3) observé chaque année. Et il y en a pour tous les goûts : rock, électro, jazz, musique celtique, pop, classique

Les champions toutes catégories

La première marche du podium est détenue sans ambiguïté(4) par le Festival interceltique de Lorient. Cette ville moyenne de Bretagne compte soixante mille habitants mais le festival qu’elle accueille chaque année en août rassemble dix fois plus de public ! En 2017, sept cent cinquante mille spectateurs ont participé à cette célébration des cultures celtes, où jouent et dansent des dizaines de groupes issus de diverses régions celtiques (Bretagne, Irlande, Ecosse, Galice, Asturies…). Il est suivi (de loin) par le festival de l’Huma, créé par le quotidien de gauche L’Humanité, et le Festival des Vieilles Charrues, qui se tient en Bretagne également.
Autre champion des festivals français : le Hellfest. Si vous comprenez l’anglais, oui vous avez bien lu, il s’appelle la « fête de l’enfer » ! Il réunit depuis une dizaine d’années des groupes de musiques dites « extrêmes », telles que le hard rock, le heavy metal et le metal alternatif. Pour autant, ce festival est très bien accueilli par les habitants du petit village où il se tient et certains amateurs y vont en famille ! Le Hellfest remporte la palme du festival le plus présent sur les réseaux sociaux : 416 000 personnes « aiment » sa page Facebook (pour 180 000 festivaliers) et la totalité des places se vend en quelques jours plusieurs mois à l’avance.

Des festivals pour tous les goûts

Il n’y a pas que des festivals de musique. Parmi les plus connus, citons le Festival d’Avignon, qui réunit chaque année en juillet les amateurs et professionnels du monde du théâtre autour d’une programme in (officiel) et de spectacles off de plus en plus nombreux. Tout aussi populaire, le festival de théâtre de rue d’Aurillac se passe dans les rues de la préfecture du Cantal chaque année à la fin de l’été. De jour comme de nuit, des centaines de spectacles en plein air rassemblent un large public et célèbrent la libre expression et la créativité.
Enfin, finissons avec quelques festivals insolites : le Red Love, festival des roux organisé en Bretagne, le rassemblement Deux et plus, pour les jumeaux, triplés, quadruplés…, toujours en Bretagne, et, encore en Bretagne (!), le bien nommé « Festival de l’insolite », qui propose entre autre une course de lits, ainsi que l’occasion de battre des records totalement improbables(5) : écraser le plus grand nombre de pommes en une minute avec ses biceps(6), lancer une crêpe ou une tong(7) le plus loin possible… (record à 52,70 m en France) Voilà des idées farfelues(8) pour organiser votre propre festival l’été prochain !


Lexique

1. clémentes (adj. f.p.) : douces, agréables
2. en simultané : en même temps
3. scrupuleusement (adv.) : strictement
4. sans ambiguïté : sans aucun doute
5. improbables (adj. m.p.) : inattendus, bizarres
6. biceps (n. m.p.) : muscles des bras
7. tong (n. f.s.) : chaussure de plage
8. farfelues (adj. f.p.) : bizarres, folles

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Les humoristes francophone

Comme dans le monde anglophone, et souvent en en reprenant les mêmes codes, la francophonie n’est pas en reste(1) en ce qui concerne le nombre d’humoristes prêts à vous faire tordre de rire ! Je vous propose ici un petit panorama des meilleurs humoristes francophones, des plus connus aux petits nouveaux … Sachez qu’il a été assez dur de faire des choix, étant donné leur grand nombre !

Dany Boon
Il est à la fois humoriste, acteur, scénariste, réalisateur et producteur. Originaire d’Armentières (Nord), il tire une partie de ses ressorts comiques des différences entre le nord et le sud de la France. Il était déjà connu du grand public depuis les années 90 mais son film Bienvenue chez les Ch’tis (2008) l’a propulsé au plus haut niveau du cinéma français : plus de vingt millions d’entrées ! Depuis, il a réalisé plusieurs autres films, dont Raid dingue (2017) qui a récemment reçu le premier César du public. Son dernier, La ch’tite famille, vient de passer la barre des cinq millions d’entrées après à peine quatre semaines en salle.

Gad Elmaleh
Humoriste, acteur et réalisateur de nationalités marocaine, canadienne et française. Sa révélation comique a lieu vers 1996, lorsqu’il fait partie de l’équipe de la matinale d’Arthur (un autre animateur-humoriste) sur la radio Europe 2. Gad joue souvent de ses origines marocaines, avec tous les clichés liés aux Maghrébins. Puis il enchaîne les rôles sur scène, et au cinéma. Son spectacle L’autre c’est moi est repris au Maroc, en France, en Belgique et en Suisse. Puis dans le cadre du festival Juste pour rire en 2007, il présente au Québec pour la première fois son autre spectacle à grand succès, Papa est en haut. Depuis 2017, suite à une tournée aux Etats-Unis, Gad propose un nouveau spectacle en anglais, American dream, qui est distribué sur la chaîne Netflix. Il a également des talents de musicien hors pair.

Kev Adams
C’est un humoriste et acteur français très célèbre et très en vue, surtout auprès des jeunes. Il a été repéré en 2009 et a débuté sur scène avec des textes très liés au monde des adolescents. Candidat régulier de l’émission On n’demande qu’à en rire présentée par le très célèbre Laurent Ruquier, il devient alors de plus en plus médiatique. Il se voit ensuite offrir l’un des rôles principaux au sein de la série télévisée Soda, toujours sur le thème de l’adolescence. Il poursuit également une carrière au cinéma dans des rôles … plus ou moins bons !

Jamel Debbouze
Cet humoriste, acteur et producteur franco-marocain, a été révélé à la fin des années 90 par ses prestations notamment sur la chaîne Canal+, avant de s’affirmer au cinéma en apparaissant dans des films comiques comme Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ou plus sérieux, comme Indigènes. Il est une véritable vedette en France et au Maroc, lui aussi jouant sur les clichés du Maghreb. Il se produit notamment au sein du grand projet qu’il a lancé : le Jamel Comedy Club, qui ouvre la scène aux humoristes débutants.

Nicolas Canteloup
A la fois humoriste et imitateur français, il a démarré en tant qu’animateur au début des années 90 à la radio et à la télévision. Il a accédé à la notoriété en 2003 en participant à l’émission Vivement dimanche prochain de Michel Drucker. Il se produit sur scène et apparaît également dans de nombreuses émissions télévisées comme dans la quotidienne C’est Canteloup. Il imite, comme dans l’émission des Guignols de l’info, plus d’une quarantaine de voix de personnalités, du président Macron à Eric Zemmour, un essayiste d’extrême-droite, en passant par Barack Obama !

Franck Dubosc
Il s’est fait connaître par son personnage de mythomane, de dragueur(2) et de frimeur(3), sur scène comme à la télévision. Il est à la fois la vedette et l’auteur de plusieurs spectacles en général salués par la critique. Il a percé en 2006 au cinéma grâce à son premier rôle dans la comédie Camping, où il joue le rôle du fameux Patrick Chirac, grand habitué du camping, séducteur et infidèle, et surtout très « beauf(4) ». Il manie(5) un humour populaire, proche du grand public.

Les youtubeurs
Les youtubeurs font également des ravages, surtout parmi les plus jeunes : ces humoristes filment avec peu de moyens et diffusent leurs vidéos sur la plateforme Youtube. Parmi eux, on trouve les incontournables Norman, Cyprien, Kemar, Natoo et Mister V, Squeezie et bien d’autres… Français mais aussi québecois pour certains !
Alors à vos moteurs de recherche, vous allez passer des moments de franche rigolade(6) !

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Lexique:
1. n’est pas en reste : occupe aussi une place importante
2. dragueur (n. m.s.) : séducteur
3. frimeur (n. m.s.) : content de lui-même, prétentieux
4. beauf (n. m.s.) : stéréotype du Français moyen, peu cultive,
borné, vulgaire
5. manie (v. manier) : pratique
6. de franche rigolade : vraiment drôles

Enfance et éducation en France

Elodie Ressouches
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Souvent réformée par les gouvernements successifs, chaque année débattue dans les médias, l’éducation est au cœur des préoccupations des Français.
Depuis 1881 et 1882, l’école primaire est régie par les lois Ferry, du nom de Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction publique. Ces lois rendent l’école gratuite (1881), l’instruction obligatoire et l’enseignement public laïc(1) (1882). Autrement dit, les familles n’ont dès lors rien à payer pour la scolarisation de leur enfant dans le système public, elles sont obligées de faire instruire leurs enfants et l’école publique est en dehors du champ de la religion.
Mais alors, si on se fie(2) à la première loi de 1882, l’école n’est-elle pas obligatoire ?
Et non : comme le dit la loi, en France, c’est bien l’instruction qui est obligatoire, et non l’école. L’instruction est obligatoire pour les enfants de six à seize ans. Elle peut être donnée dans les établissements primaires ou secondaires, dans les écoles publiques ou privées ou encore dans les familles, par les parents eux-mêmes ou par toute autre personne qu’ils auront choisie.
Si pour le plus grand nombre des familles françaises, le choix de l’école publique est évident, pour diverses raisons, d’autres font désormais le choix d’un enseignement alternatif. Quelles sont ces écoles ? Petit panorama des options éducatives en France.

Les établissements privés sous contrat d’association avec l’Etat
Il y en a actuellement 7600. Ils sont fréquentés par 2,1 millions d’élèves, soit 17 % des élèves scolarisés en France. Ces établissements sont catholiques à 95%. Le nombre d’élèves progresse un peu, notamment dans le secondaire. Ainsi, en 2016, le collège public a « perdu » 9 000 élèves tandis que le privé en a accueilli 6 400 supplémentaires. Du côté de la communauté juive, 300 écoles, collèges et lycées scolarisent environ 30 000 élèves et une dizaine d’établissements sont musulmans.
Les établissements privés hors contrat
Ils n’ont pas signé d’accord avec l’État. Comme ils ne reçoivent aucune subvention(3), ils sont payants et possèdent une certaine autonomie dans leurs programmes et une grande liberté dans leurs méthodes. En 2015, on en recensait un millier. Un tiers d’entre eux revendique une appartenance religieuse (194 catholiques, 60 juives, 40 musulmanes et 30 protestantes). Les autres sont non confessionnels : il s’agit généralement d’écoles bilingues ou basées sur les méthodes Montessori ou Steiner. Le nombre d’écoles (7-12 ans) augmente chaque année : + 31 en 2012, + 122 en 2017 !
Le succès de ces écoles est patent(4). Peut-être faut-il le rapprocher du taux de réussite au baccalauréat, qui est de 94,8 % contre 87,8 % dans les lycées publics et les lycées sous contrat. Quelles sont les clés de cette réussite ? Voyons les spécificités de ces courants éducatifs.

La pédagogie Montessori
Cette méthode a été mise au point par Maria Montessori (1870-1952), première femme médecin d’Italie. Dans cette approche, l’enfant est considéré en tant qu’individu. Les professeurs, « encadrants(5) », aident les enfants à gagner en autonomie. Elle est particulièrement intéressante pour la petite enfance mais concerne cependant des enfants de tous les âges. Il existe 22 000 établissements Montessori dans le monde, dont 70 environ en France, où cette pédagogie est en plein essor(6).

La pédagogie Steiner-Waldorf
Cette pédagogie humaniste est inspirée des travaux du philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925). Elle centre les enfants sur leur intériorité et leur créativité et les ouvre aux travaux artistiques, scientifiques et manuels. En France, elle concerne environ 2 300 élèves et 250 000 élèves dans le monde.

La pédagogie Freinet
Ouverte sur l’extérieur et centrée sur le travail en coopération des élèves, l’expression libre, les apprentissages concrets, elle a été construite par l’instituteur français Célestin Freinet (1896-1966).
Elle connaît un rayonnement international à partir des années 50. En France, le mouvement Freinet touche aussi des élèves du public grâce à un partenariat avec l’Education nationale (5% des élèves, soit 600 000 enfants).

Lexique

1. laïc (adj. m.s.) : qui n’a pas de lien avec la religion
2. se fie (v. se fier) : fait confiance
3. subvention (n. f.s.) : argent versé par l’Etat pour aider les associations
4. patent (adj. m.s.) : évident
5. encadrants (n. m.p.) : personnes qui assurent l’autorité
6. essor (n. m.s.) : développement

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