Archives pour la catégorie N°42

Le transhumanisme

Par Alain Graesel

Au moment où l’on réfléchit sur ce que va devenir notre terre, on peut aussi se poser des questions sur l’Homme lui-même et son devenir. Par exemple, avez-vous déjà entendu parler de «transhumanisme» ? Il s’agit d’un mouvement qui s’interroge sur l’usage de la science et de la technique dans l’amélioration des caractéristiques physiques et mentales des êtres humains.
J’ai eu l’occasion de rencontrer Alain Graesel, professeur associé à l’Ecole d’Ingénieurs des mines de Nancy et consultant en management. C’est lui qui m’a parlé de cette idée de « l’Homme augmenté », c’est-à-dire de cet humain qui pourrait voir ses aptitudes et ses compétences renforcées grâce à la technologie. Florence Teste

Le transhumanisme est un domaine qui intéresse de plus en plus. De très nombreuses recherches sont en cours dans différents laboratoires à travers le monde. Ceux-ci ne souhaitent pas toujours rendre publiques leurs recherches, c’est cela aussi la mondialisation. Mais ils nous disent que demain, nous serons plus forts grâce aux exosquelettes, que nous deviendrons plus intelligents grâce à la neurostimulation et que nous vivrons plus longtemps grâce à la convergence technologique des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information et sciences cognitives).
Ce sont des domaines d’ultra haute technologie. Chaque progrès dans l’un d’eux engendre des progrès dans les autres, que ce soit par innovations progressives ou par des innovations de rupture radicale. Il peut d’ailleurs arriver que l’on obtienne des résultats totalement inattendus mais scientifiquement percutants.
Les laboratoires des NBIC tournent aujourd’hui à plein régime, financés pour l’essentiel par les grandes compagnies internationales d’ultra haute technologie dont les recherches coûtent des fortunes mais dont le retour sur investissement sera également exponentiel .

Les nanotechnologies maîtrisent la grandeur 10-9, soit le milliardième de mètre. Cela peut aboutir à la création d’éléments robotisés ultra minuscules, mécanisés, capables de se déplacer dans le corps humain. Ces déplacements seront déterminés et sous contrôle mais certains éléments pourront être fabriqués pour fonctionner en toute autonomie.
Les biotechnologies ouvrent le vivant aux expérimentations dans les champs génétiques, moléculaires et informatiques et permettent d’intervenir sur le patrimoine génétique des êtres vivants pour le déchiffrer ou même le modifier.

Les sciences de l’information se caractérisent par une capacité constamment évolutive de conception, collection, encodage, tri, stockage et diffusion d’informations et de données de toute nature (physiques, chimiques, etc..) et formes (mathématiques, logiques, statistiques, etc..). Elles s’appuient notamment sur les progrès incessants de l’informatique et des outils et instruments numériques dont les évolutions spectaculaires sont connues de tous.
Les sciences cognitives enfin font un lien dynamique entre linguistique, informatique, neurosciences et sciences humaines. L’intelligence artificielle en fait bien sûr partie.

Voici quelques exemples de recherche :
Dans le domaine militaire, la DARPA ( Defense Advanced Research Project Agency) de l’armée américaine travaille sur une combinaison12 de combat qui résistera aux balles, aux chocs, etc… et qui multipliera la force physique de son porteur. Dans le domaine civil, les mêmes recherches sont en cours : un exosquelette facilitera le port de charges lourdes à des opérateurs travaillant dans les usines.
Certains chercheurs français sont même dans le peloton de tête. En 2012,  Emmanuelle Charpentier, biologiste française associée à la biochimiste américaine Jennifer Doudna, a reçu le « Breakthrough priz » pour sa méthode de séquençage du génome et qui récompense les avancées scientifiques capitales.

On peut dire que le transhumanisme représente la quatrième révolution industrielle. La troisième, celle de l’informatisation, de la robotisation et de l’automatisation, est déjà bien avancée. Mais la quatrième est déjà en cours : ce sera celle de la production possible de l’être humain par la science et la technologie. L’être humain de demain – c’est-à-dire dans les quelques années qui viennent – sera-t-il un encore « humain par nature » ou un « objet vivant » fabriqué à partir de matériaux de synthèse, voire une machine en 3D ?
Les problèmes philosophiques, éthiques et humains qui vont se poser sont considérables et aucune réponse appropriée n’existe à ce jour. Nous sommes pratiquement au point zéro en ce domaine.

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Le tri des déchets

Par Elodie Ressouches

La rubrique « Vivre en France » vous propose chaque mois un article sur la vie quotidienne à la française. Découvrez le portrait de la société d’aujourd’hui grâce à des faits, des chiffres et des anecdotes réunis par INSITU.

Vous êtes-vous déjà demandé d’où vient la poubelle ? Cet objet du quotidien semble avoir toujours existé. Pourtant, la poubelle a été inventée assez récemment. Autrefois, les ordures ménagères étaient jetées dans la rue. Ces tas d’immondices attiraient les rats. Cela causait de gros problèmes d’hygiène et de santé publique. En France, François Ier et plusieurs autres rois ont voulu améliorer la situation… en vain ! Il faut attendre le XIXe siècle pour qu’enfin les ordures1 soient collectées. Voici une brève histoire du tri des déchets en France.

Le préfet Poubelle et sa boite à ordures

C’est en 1883 qu’Eugène Poubelle est nommé préfet de la Seine*. A cette époque, Paris compte déjà autant d’habitants qu’aujourd’hui : plus de deux millions ! L’hygiène est désastreuse. A son arrivée, le préfet signe « l’arrêté Poubelle ». Ce texte oblige les propriétaires à fournir aux locataires un récipient muni d’un couvercle. Cette « boîte à ordures » est décrite dans les moindres détails : dimensions, contenance, matière… Et, le saviez-vous, ce récipient va par trois : le préfet Poubelle a inventé le tri sélectif ! L’une des boîtes est destinée aux « résidus de ménage », une deuxième aux « débris de vaisselle, verre, poterie… » et une troisième pour les « coquilles d’huîtres et de moules » ! Pourquoi ? Et bien pour que les chiffonniers, qui fouillent les déchets pour revendre ce qui est récupérable (chiffon, métal, os…), ne se blessent pas les mains. Le préfet Poubelle organise également le ramassage des ordures. Très rapidement, la boîte à ordures est nommée « poubelle » et entre sous ce nom dans le dictionnaire en 1890.

De la poubelle au recyclage

L’utilisation de la poubelle semble évidente aujourd’hui mais cet objet se répand assez lentement. Il faut attendre la moitié du XXe siècle pour que toutes les familles françaises en soient équipées. Cette généralisation de la poubelle a pour conséquence l’accroissement des ordures. Pour faire face à ces gros volumes de déchets, on commence à les brûler dans des usines d’incinération. Dans les années 1970, les chocs pétroliers font réfléchir les autorités et la population. Brûler l’intégralité des déchets, n’est-ce pas du gâchis ? On commence alors à parler de recyclage et de tri sélectif.

Le tri sélectif, premier geste écologique des Français

Aujourd’hui, chaque Français produit en moyenne presque quatre cents kilos de déchets par an. Papier, verre, carton, plastique : ces matières peuvent être récupérées pour être recyclées. Pour cela, des poubelles spécifiques sont installées dans les rues et dans les immeubles. Ces poubelles de grande taille s’appellent des containers. Pour les reconnaître, un code couleur est employé (qui peut parfois être différent selon les villes). La plupart du temps, le container vert est destiné au verre : bouteilles, bocaux… sans bouchon ni couvercle ! Le container bleu reçoit le papier : journaux, magazines, catalogues… Dans le jaune, on met le métal (cannettes, boîtes de conserve), le plastique (bouteilles, flacons…) ainsi que les briques alimentaires. Enfin, on place dans le container noir tout le reste, et notamment les choses périssables ou sales.
Le tri sélectif est devenu le premier geste écologique en France, mais il reste encore trop occasionnel. D’après une enquête de 2014, 87% des Français trient leurs déchets, mais seulement 44 % d’entre eux le font de manière systématique – surtout en ville, où les appartements sont parfois trop petits pour mettre plusieurs bacs de recyclage. Ceci dit, en moyenne, chaque Français trie 46,3 kg d’emballages ménagers par an.

Quand les déchets prennent de la valeur…

Connaissez-vous le « upcycling », surcyclage en français ? Vous avez peut-être déjà vu dans les magasins d’objets design des portefeuilles en chambre à air, des miroirs en raquette ou encore des patères en fourchette ! Le terme a été inventé en 1990. Cela consiste à récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure. Vous trouverez plein d’idées sur internet pour bricoler et ainsi recycler « par le haut » vos déchets !

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