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Atelier de conversation de Bernhard Braunstein

Contact pour l’organisation de ciné-débats autour du film :
Raymond Macherel raymond.macherel@gmail.com
Bande-annonce : https://youtu.be/3Kvj61EYq2k
Page Facebook : https://www.facebook.com/AtelierDeConversation.documentary/

L’histoire
Venus des quatre coins du monde, ils se rencontrent, chaque semaine, à la BPI (Bibliothèque publique d’information) du Centre Pompidou à Paris, à l’atelier de conversation pour parler français. Les réfugiés de guerre y côtoient(1) les hommes d’affaires, les étudiants insouciants(2) croisent les victimes de persécutions politiques. Réfugiés, expatriés ou étudiants se rencontrent devant la caméra qui capte(3), au détour des phrases et des regards, les confidences et les non-dits. Au-delà des oppositions, tous partagent le même objectif d’intégration par la langue. Malgré leurs différences, tous partagent des objectifs communs : apprendre la langue et trouver des alliés pour pouvoir (sur)vivre dans un environnement qui leur est étranger.
Dans ce lieu rempli d’espoir, où les frontières sociales et culturelles s’effacent, des hommes et des femmes, dont les routes ne se seraient jamais croisées, se rencontrent d’égal à égal.

Le réalisateur, Bernhard Braunstein
LCFF : Comment avez-vous découvert l’atelier de conversation de la BPI au Centre Pompidou ?
BB : Je suis autrichien et j’ai emménagé à Paris en février 2009. Je voulais apprendre le français et tenter une autre vie. J’étais subjugué(4) par la cacophonie(5) et la mosaïque multiculturelle de la métropole. La langue constituait un obstacle énorme. J’étais souvent à la BPI, qui se répartit sur trois étages du Centre Pompidou, pour apprendre le français sur un poste de travail multimédia. Puis un après-midi, j’ai lu un panneau d’information sur lequel figurait une invitation à participer à un groupe ouvert de conversation. C’était un vendredi après-midi, j’étais resté à la bibliothèque jusqu’au soir et m’étais inscrit sur une liste un quart d’heure avant le début de l’atelier : Bernard, Autriche. C’est ainsi que je me suis retrouvé assis sur une des chaises disposées en cercle, avec une quinzaine d’autres personnes. C’est avec stupéfaction que j’ai considéré les visages inconnus. Chaque participant(e) venait d’un pays différent.

LCFF : Comment est née l’idée de faire un film sur cette expérience ?
BB : J’ai participé régulièrement à l’atelier pendant deux ans. L’idée de faire et de préparer un film m’a accompagné tout au long de la deuxième année. Tous les protagonistes(6) du film ont vécu une expérience très profonde. Ils ont connu l’abattement(7) et le besoin immense de communiquer que suscite(8) l’incapacité à s’exprimer. L’atelier leur permet de trouver des alliés, d’échanger et de vivre des moments de bonheur très forts et des rencontres humaines intenses. Je me suis beaucoup interrogé : comment filmer sans détruire cette belle atmosphère ? Les gens arrivaient, écrivaient leur nom sur une liste et le tournage commençait une minute après. On avait très peu de temps pour chasser les appréhensions(9). En une minute d’échanges, il est néanmoins possible à mon avis de sentir si vous pouvez avoir confiance en une personne ou non.

LCFF : La « crise des migrants » en Europe a fait naître de nombreux stéréotypes et préjugés(10) sur les migrants. Le but de ce film est-il d’aider à les gommer(11) ?
BB :
Oui, bien sûr, c’est l’objectif principal de ce film. Il était important pour moi d’aborder ces thèmes avec des personnes qui peuvent avoir des points de vue très différents. Ils peuvent s’écouter et essayer de se comprendre au lieu de se battre pour leurs opinions. Et à l’atelier, le fait de mal maîtriser le français vous oblige à rester très attentif à ce que vous dites et comment vous le dites. Nous devons devenir “humains”, plutôt que parler des masses de migrants qui vont nous détruire. Nous devons raisonner en termes d’individu. Je pense que l’on peut voir ça dans mon film. Vous voyez que ce sont des personnes, des êtres humains avec un vécu, et non un danger potentiel pour nous.

Le commentaire de Gérard Ribot (directeur de l’Agence de promotion du FLE)
Le choix du réalisateur de filmer chacun des participants “plein cadre” fait que le spectateur se sent faire partie de cet Atelier de conversation. C’est une première réussite de ce documentaire que de filmer à “hauteur d’homme” ces étrangers venus de tous horizons et qui, au travers de leurs échanges, nous font partager leurs réactions, leurs émotions, leurs expériences heureuses ou malheureuses, au contact d’un quotidien qu’il faut apprendre à décoder et dans lequel il faut trouver une place.
Au fil des(12) échanges, chacun s’exprime et réagit en fonction de sa sensibilité et de ses références culturelles. Au final, chacun nous fait entrer dans son histoire, dans sa singularité(13) d’être humain. L’étranger n’est plus vraiment un étranger, il a désormais un visage et une voix.
Ce film est, au fond, une magnifique illustration de tout ce que peut recouvrir le terme de “Français langue étrangère” : au-delà de l’apprentissage de la langue, c’est chaque fois une aventure personnelle qui permet à chacun de se découvrir dans sa spécificité, au contact de l’autre. Et cela vaut pour les participants à l’Atelier de conversation comme pour chacun des spectateurs du film.

Atelier de conversation a été projeté en ouverture du dernier festival international du documentaire Cinéma du réel et primé depuis dans plusieurs festivals. Il sort au cinéma le 7 février 2018, distribué par ASC Distribution, en partenariat avec RFI, Mediapart, Le blog documentaire et l’Agence de promotion du FLE.
Projection-débat en avant-première à Paris lundi 5 février à 18h. Simultanément à l’ISIT Campus international d’Arcueil, et à la CCIP Ile-de-France Porte de Champerret.
https://www.fle.fr/Avant-premiere-du-Film-Atelier-de-conversation-Lundi-5-fevrier

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Lexique
1. côtoient (v. côtoyer) : fréquentent
2. insouciants (adj. m.p.) : qui n’ont pas de problèmes
3. capte (v. capter) : attrape
4. étais subjugué (v. subjuguer. Passif) : étais séduit, intéressé
5. cacophonie (n. f.s.) : ensemble de bruits dérangeants,
sans harmonie
6. protagonistes (n. m.p.) : personnages principaux
7. abattement (n. m.s.) : découragement
8. suscite (v. susciter) : provoque
9. appréhensions (n. f.p.) : légères peurs
10. préjugés (n. m.p.) : idées que l’on a avant de connaître,
a priori
11. gommer (v.) : supprimer
12. au fil des (loc. prép.) : pendant la progression de
13. singularité (n. f.s.) : spécificité

Les chiens de garde

Je profite du thème de LCFF de ce mois-ci, la presse, pour vous parler d’un film qui traite des médias français en général. Il s’agit d’un objet cinématographique particulier : un documentaire ! Un documentaire qui dresse à la fois un panorama et une critique des médias français.

Voilà comment tout a commencé :
En 1932, est publié le livre intitulé Les chiens de garde, dont l’auteur est le jeune écrivain français Paul Nizan. Celui-ci remet en question les analyses des philosophes de son époque et ainsi, leur suprématie dans la pensée française.

Pour lire la suite…