Archives pour la catégorie ARTS

Le Musée Plantin-Moretus

Par Marine Schmets

Le Musée Plantin-Moretus possède les presses à imprimer les plus anciennes du monde.

Lorsque l’eau côtoie(1) la ville, grâce à des canaux ou à la présence d’un port, elle en fait bien souvent un carrefour d’échanges, qu’ils soient commerciaux ou intellectuels.
Au XVIe siècle, dans la ville portuaire d’Anvers, à quarante-cinq kilomètres au nord de Bruxelles, le retour des colons après la découverte de nouveaux continents et de nouvelles routes commerciales a ouvert l’horizon des savants européens. Les nouvelles connaissances, pour être relayées(2), sont alors converties en produits commerciaux : les livres.
Christophe Plantin et son gendre(3) Jan Moretus mettent alors sur pied un duo de choc : ils sont les premiers imprimeurs à l’échelle industrielle. Avec ses seize presses(4), ses trente-deux imprimeurs, ses vingt typographes et ses trois correcteurs, la maison est alors la plus grande entreprise typographique au monde. Aujourd’hui, on parlerait de success story familiale : trois cents ans d’impressions de livres !
La maison est aujourd’hui un musée, le seul musée classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, peut-être parce qu’il présente de multiples facettes. En effet, que vous soyez amateur de technique, de littérature, d’architecture ou encore d’horticulture, vous trouverez t conservé toutes les éditions Plantin-Moretus, ainsi que de nombreux manuscrits, incunables(8) et gravures originales. Enfin, l’écrin(9) de cette collection est tout aussi appréciable : la maison des Plantin était déjà une attraction touristique à l’époque. Des rois, des princes et des érudits(10) accouraient pour venir la visiter et flâner(11) dans sa cour intérieure et son jardin.
Dans la librairie, tout est encore en place pour le commerce des livres (comptoir, étagères, même les balances pour vérifier les pièces d’or et d’argent). Alors si vous en avez l’occasion, acceptez un jour cette invitation à remonter le temps.quelque chose à admirer dans ce musée. Il abrite d’abord les deux presses à imprimer les plus anciennes au monde (environ 1600) et six autres presses qui fonctionnent encore (des XVIIe et XVIIIe siècles), mais aussi vingt mille caractères en plomb et une bibliothèque. Cette dernière servait au départ d’archives pour l’imprimerie.
Par la suite, les conservateurs successifs ont fait des efforts conséquents pour vous permettre de la visiter, encore aménagée comme celle d’un humaniste du XVIIe siècle, avec tous ses objets caractéristiques (pupitres(5), globes(6), bustes(7), …) ; d’autre part, ils ont précieusemen

Lexique
1. côtoie (v. cotoyer) : est voisine de
2. être relayées (v. relayer. Passif) : être transportées, véhiculées
3. gendre (n. m.s.) : mari de sa fille
4. presses (n. f.p.) : machines pour imprimer des livres
5. pupitres (n. m.p.) : bureaux
6. globes (n. m.p.) : rprésentations du globe terrestre, mappemondes
7. bustes (n. m.p.) : statues du haut du corps
8. incunables (n. m.p.) : livres anciens, imprimés avant 1500
9. écrin (n. m.s.) : contenant, boîte, élément qui contient
10. érudits (n. m.p.) : personnes très cultivées
11. flâner (v.) : se promener

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Claude Monet impressionné par Londres

Par Axelle Negrignat


Monet a découvert les œuvres de Turner en 1870 lors d’un premier séjour à Londres. Séduit par son traitement du célèbre smog londonien, il est revenu plusieurs fois dans la capitale britannique et a exécuté une centaine de tableaux sur le thème du brouillard sur la Tamise.

Chef de file de l’Impressionnisme, Claude Monet

nadar

considérait la lumière comme le personnage principal de ses peintures et travaillait depuis 1890 sur le principe de la série, afin de parvenir à fixer sur la toile les multiples variations de l’atmosphère d’un même paysage. Londres en hiver, avec son smog, le brouillard qui enveloppait la ville au XIXe siècle, avait tout pour émerveiller Monet. Empreint(1) du souvenir de l’œuvre de Turner mais aussi de Whistler, il a peint entre 1899 et 1904 les ponts de Waterloo et de Charing Cross depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel ainsi que le Parlement depuis l’autre rive du fleuve. En vrai passionné, il se lançait simultanément dans plusieurs toiles, passant de l’une à l’autre selon les heures de la journée afin de capter au mieux les jeux de lumières sur les imposantes(2) formes architecturales.
Comme le peintre a achevé la plupart de ces œuvres dans son atelier de Giverny (non loin de Paris) à partir de photographies, on pourrait se demander si ces tableaux étaient bien fidèles à la réalité. Mais ce n’est finalement pas là une question pertinente car ses compositions privilégiaient clairement la couleur pure et la lumière, n’accordant que peu d’importance aux détails. Les paysages et les formes semblent se dissoudre(3) dans le brouillard et la pluie, ce qui donne à la ville un aspect fantomatique, presque irréel, inédit.
Au XIXe et au début du XXe siècle, les échanges culturels et artistiques entre la France et l’Angleterre étaient en plein essor(4). Les idées modernes voyageaient aisément et traversaient les frontières. En France et en Angleterre, pays voisins uniquement séparés par la Manche, les artistes se sont mutuellement influencés, que ce soit pour la naissance de l’Impressionnisme français ou pour l’art des peintres anglais.
Cet été, une grande exposition au Petit Palais de Paris rendra d’ailleurs hommage aux « Impressionnistes à Londres ». A ne pas manquer !

Lexique
1. empreint (adj. m.s.) : rempli, plein
2. imposantes (adj. f.p.) : grandes, fortes, importantes
3. se dissoudre (v.) : disparaître, se fondre
4. essor (n. m.s.) : développement

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