Cafés et cabarets… Ça, c’est Paris !

Par Florence Teste

En France, le premier café ouvre à Marseille vers le milieu du XVIIe siècle. Mais la fève(1) de café vient de loin et elle coûte cher. Il faudra attendre le début du XVIIIe pour que cette boisson
se démocratise.

En 1686, Procopio, un Sicilien, crée à Paris un nouveau concept : dans son café, on peut aussi manger des sorbets, des gâteaux et lire les nouvelles du jour. De plus, les lieux sont magnifiquement décorés. Son café devient bientôt l’endroit où se rencontrent les écrivains, les philosophes, comme Voltaire, Diderot et d’Alembert. Au moment de la Révolution française, il est un point de ralliement(2) pour les révolutionnaires comme Danton, Robespierre ou encore Desmoulins.
Le café Procope, situé dans le quartier de Saint- Germain-des-Prés, existe encore de nos jours. Et il est toujours l’un des hauts-lieux(3) où se retrouvent artistes et intellectuels.
Pendant tout le XVIIIe siècle, le nombre de cafés augmente notablement : on peut compter jusqu’à trois mille établissements uniquement à Paris.
Le XIXe siècle voit apparaître un nouveau type de café : pour appâter(4) le client, on y propose des attractions comme la femme à barbe, le clown, le jongleur, le mime ou le chansonnier.
Et c’est ce dernier qui va donner une nouvelle direction au divertissement urbain : le café-concert, aussi appelé caf’conc ou encore le cabaret.
Le premier d’entre eux s’appelle L’Eldorado et se trouve dans le Xe arrondissement.
C’est là que l’on a pu découvrir Mistinguett, Maurice Chevalier ou encore Raimu. Citons également le fameux Le chat noir ou encore Les folies bergères.
Dans ces établissements, se côtoient(5) toutes les classes de la société de la Belle Époque : des riches qui veulent « s’encanailler(6) » et de plus modestes qui veulent simplement s’amuser. Ainsi, dans ses chansons et ses sketches, Aristide Bruant dépeint(7) sans concession(8) une société bourgeoise bien-pensante(9).
Peu à peu, les cabarets se concentrent sur la Butte Montmartre et dans le IXe arrondissement, faisant de ce quartier l’un des lieux d’animation nocturne de la capitale.
Actuellement, on assiste à un nouvel engouement(10) pour les cabarets. Des centaines de milliers de touristes, français autant qu’étrangers, vont assister à des spectacles de cabaret qui symbolisent parfaitement le style parisien : le Moulin rouge, le Lido, ou encore Chez Michou. Style parisien mais pas seulement : le Royal Palace se trouve en Alsace !

1. fève (n. f.s.) : fruit
2. point de ralliement : lieu de rendez-vous
3. hauts-lieux (n. m.p.) : lieux les plus importants
4. appâter (v.) : attirer
5. se côtoient (v. se côtoyer) : se fréquentent, sont ensemble
6. s’encanailler (v.) : s’amuser d’une manière un peu vulgaire
7. dépeint (v. dépeindre) : décrit
8. sans concession : durement
9. bien-pensante (adj. f.s.) : politiquement correcte
10. engouement (n. m.s.) : attrait, passion

 

téléchargez gratuitement la version imprimable de Societe

Je souhaite recevoir la newsletter