Balzac et la Petite Tailleuse chinoise de Dai Sijie

par Claire Billiet

L’Asie aussi recèle un bon nombre d’écrivains francophones, notamment suite aux événements historiques du XXe siècle. C’est un pan de cette Histoire que Balzac et la Petite Tailleuse chinoise permet d’entrevoir, celui des années qui suivirent la Révolution culturelle dans la Chine communiste de Mao Zedong. Luo et le narrateur sont deux jeunes Chinois envoyés comme des millions d’autres lycéens de leur âge dans une rude montagne afin d’y être « rééduqués par les paysans pauvres ».
Fils de parents décrétés « ennemis du peuple », ils n’ont que peu d’espoir de pouvoir retourner en ville un jour, et font peu à peu la rencontre des habitants de la montagne et de la fille du tailleur d’un village voisin. Celle-ci commence une idylle avec Luo, la vie harassante suit son cours, rythmée par les travaux dans les mines, les rizières, les champs. Mais un jour, une valise tombe entre leurs mains, une valise remplie de livres interdits par le régime de Mao, des livres d’auteurs occidentaux.

« Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. »

C’est troublant, pour un lecteur occidental, de se sentir si proche de ces héros lointains et de lire qu’ils se sentent, eux, si proches du comte de Monte-Cristo, d’Emma Bovary, de Quasimodo, des héros de Dostoïevski ou des sœurs Brontë.

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