Antonico Reyes, le gitan catalan

Antonico Reyes,  le gitan catalan

Si vous écoutez les radios françaises, vous avez dû entendre, ces derniers temps, une musique gaie, festive, qui mélange allègrement le français, l’espagnol et même l’anglais. Elle se mêle aussi aux musiques urbaines et crée actuellement un véritable enthousiasme. C’est la musique gitane.
J’ai eu l’opportunité de rencontrer Antonico Reyes, le guitariste et chanteur gitan, qui a bien voulu répondre à mes questions.

LCFF : Antonico, d’où venez-vous ?

Antonico : Je suis né à Givors mais j’ai passé ma vie à voyager. Officiellement, je suis français. Mais, en plus, je suis un gitan catalan. Quand j’étais enfant, on était toujours sur les routes avec mes parents, ce qui fait que je ne me sens pas attaché à une terre ou à une région.

Quelle est votre langue maternelle ?

Chez nous, on parle gitan. Bien sûr, j’ai appris le français à l’école, même si je n’y allais pas régulièrement. Plus tard, j’ai aussi vécu en Allemagne et en Espagne, ce qui fait que je parle aussi l’allemand et l’espagnol. Le gitan, c’est une langue ! Il y a des mots qui sont communs, quel que soit le pays où l’on vit ; ensuite, certains mots, surtout les nouveaux, peuvent différer d’un pays à l’autre.

Comment avez-vous appris la musique ?

Avec mon père et mon oncle et avec mes cousins, bien sûr. Très jeune, j’ai appris à jouer de la guitare et à chanter. Et chez les Gitans, on chante tous les soirs au coin du feu. Ensuite, grâce au groupe avec lequel je jouais, j’ai parcouru le monde entier. Mon oncle, José Reyes, était déjà un chanteur respecté au sein de la communauté gitane. Il a créé le groupe Los Reyes avec ses enfants. Plus tard, un autre groupe s’est ajouté : les Gipsy Kings. Aujourd’hui, je fais partie des Gipsy Reyes et nous nous retrouvons à douze sur la scène !

Qu’est-ce que vous pensez de la façon dont on joue la musique gitane à l’heure actuelle ?

De toute façon, la musique est universelle. Et toutes les versions sont intéressantes. En revanche, je trouve qu’on exagère l’utilisation des machines électroniques pour jouer de la musique. Aujourd’hui, il vous suffit d’appuyer sur un bouton et vous avez tout d’un coup quarante violons. Il y manque de la vie, de la communauté d’esprit. Je préfère quand nous sommes tous et que nous jouons ensemble !

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