Mon oncle, Jacques Tati

Patricia Favreau

Connaissez-vous la machine à faire sauter le steak ? La bouilloire(1) qui rebondit ? Le thermomètre à œufs ? Vous pouvez voir ces objets futuristes dans le film Mon Oncle, réalisé en 1956 par Jacques Tati.

Le film nous montre la maison de M. Arpel, féru(2) deaff-film modernisme. Il a équipé sa maison de toutes les innovations technologiques disponibles à cette époque. Il est remarquable, d’ailleurs, que certaines n’existent pas encore aujourd’hui. Sa femme, Mme Arpel, adore ! On se demande si elle aussi, avec sa façon mécanique de marcher, ne se transforme pas en objet.
Pourtant, dans cette maison remplie de robots, Gérard, 10 ans, s’ennuie. Il préfère aller faire des facéties(3) avec son oncle, M. Hulot, qui n’habite pas dans une banlieue moderne mais à Saint-Maur. Saint-Maur est montré comme le stéréotype de la France traditionnelle, avec son marché, ses chiens errants(4), ses détritus(5), son troquet(6), ses passants avec leur baguette. C’est une France de carte postale qui est présentée là. La maison de M. Hulot est tout le contraire de celle de M. Arpel : vieille et difficile d’accès. Cet oncle n’est ni matérialiste ni organisé mais avec lui, Gérard rit beaucoup !
La venue de l’oncle dans le monde de M. Arpel crée chaque fois une série de gags car Hulot ne connaît absolument rien aux innovations et ne cherche pas à les connaître. Ainsi, il est très maladroit. Les images sont lentes mais le progrès technologique rapide. Peut-être qu’il peut nous faire perdre pied comme c’est le cas pour M. Hulot ?
Avec ce film, Jacques Tati ne condamne pas le progrès technique, il ne juge pas, il crée de l’humour en confrontant les univers différents de M. Hulot et de M. Arpel. Il y a un sentiment nostalgique du temps qui passe. Cependant les innovations technologiques n’empêchent pas l’amour et la complicité entre un père et son fils. En effet, à la fin du film, dans la voiture moderne, Gérard rit avec son père et lui donne enfin la main. Evidemment, même en pleine modernité, on peut trouver des moments pour plaisanter, pour s’aimer.
Mais l’humour et la nouveauté du fim viennent aussi du fait que dans la bande-son, les bruits et les dialogues n’ont pas de hiérarchie, ils sont au même plan. Le bruit des talons(7) de Mme Arpel par exemple est aussi important que celui de sa parole. De cette manière, Jacques Tati anticipe ce que fera plus tard la technique grâce au multipiste(8).

Aucun doute, ce film est drôle, moderne et très poétique !

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